Le procès de «la cellule dormante d’Al Qaïda»

Durant huit heures et demie, une atmosphère tendue a brumé sur le déroulement du procès de «la cellule dormante d’Al-Qaïda », qui avait repris mardi dernier devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Une atmosphère raide qui a été imposée par le changement inopiné de la composition de la Cour qui statue sur ce dossier n°1004/2002.
Il s’agit du remplacement du président de la Cour, Mustapha Farès, par Lahcen Tolfi et de l’assesseur Mohamed Al Allam par Âbide. Ces changements ont été soulevés une fois encore (ils ont été évoqués lors de l’audience du vendredi 24 janvier), vers 16h40mn, par le collectif de la défense. Mais le président n’a pas jugé utile de débattre de ce changement. «Nous avons déjà statué sur cette requête préliminaire en décidant la légalité de la composition de la Cour en nous référant au rapport de l’Assemblée générale…», a-t-il expliqué à la défense.
Cette dernière s’est opposée en expliquant qu’elle avait reporté la dernière audience pour permettre à la défense de voir le rapport de l’Assemblée générale des magistrats appartenant au territoire de la Cour d’appel de Casablanca tenue le 27 décembre 2002 et qu’elle n’a pas encore tranché sur la question de la légitimité de la composition de la Cour.
La joute oratoire, qui avait eu lieu entre le président de la Cour et Mes Khalil El Idrissi et Mustapha Ramide, avocats soutenant les trois Saoudiens et leurs épouses ainsi que le commerçant Mafmane, s’est soldée par la suspension de l’audience à trois reprises et l’intervention du représentant du barreau de Casablanca pour apaiser la tension. Il fallait attendre plus d’une demie-heure avant de reprendre l’audience et entamer les requêtes pour vice de forme. Cependant, une fois encore, le président est intervenu pour demander à Mr Khalil El Idrissi de débattre le fond du sujet, particulièrement lorsque ce dernier avait tenté d’évoquer l’article 298 de la procédure pénale concernant le déroulement des audiences. «C’est un écueil pour le déroulement de l’audience puisque vous tentez d’évoquer la question de la composition de la Cour une fois encore en se référant à un autre article de la procédure…», réplique le président. La défense, qui a affirmé, lors de ses requêtes pour vice de forme, que ses prérogatives ont été bafouées en tentant de mettre des écueils sur son chemin. «C’est une violation de l’article 769 de la procédure pénale…», précise-t-elle. Me Khalil El Idrissi, le premier a prendre la parole dans le cadre des requêtes pour vice de forme, a soulevé les diverses irrégularités qui ont entaché, selon lui, les différentes étapes des investigations et de l’arrestation des présumés membres d’Al-Qaïda. Dans une longue plaidoirie, il a précisé que ces derniers ont été « enlevés (et non pas arrêtés) en date du 12 mai 2002 contrairement à la date du 10 juin avancée dans les procès verbaux », et que le délai de la garde-à-vue a dépassé la durée légale. Et d’évoquer l’absence de preuves qui justifient le flagrant-délit et l’arrestation des mis en cause. Vers minuit, le président a décidé la levée de l’audience pour la reprendre, aujourd’hui, jeudi 30 janvier.
Rappelons que les trois Saoudiens impliqués dans cette affaire sont Hilal Jaber Awade El Assiri, Zouhair Hilal Mohamed Tabiti et Abdellah Msafer El Ghamidi. Parmi leurs complices figurent trois femmes marocaines, dont les épouses de deux d’entre eux. Ils sont accusés d’avoir préparé des attentats contre des navires occidentaux dans le détroit de Gibraltar et contre des autocars marocains ainsi que des cafés de la place Jemâa El Fna de Marrakech.

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