Le ras-le-bol des administrateurs

Les administrateurs et cadres assimilés de la fonction publique ont ras-le-bol du dialogue de sourds qui règne entre eux et les autorités publiques. C’est en ces termes que résume l’un des intéressés, la situation qui prévaut actuellement et qui conduira les syndicats à organiser une marche nationale de protestation, demain 24 décembre à Rabat. En fait, les mécontents sont nombreux. Il s’agit du corps des administrateurs, à savoir les administrateurs-adjoints (échelle 10), les administrateurs (échelle 11) et les administrateurs hors-cadre (hors échelle). Sans oublier les informatistes et les informaticiens ainsi que tous les cadres assimilés. Tout ce beau monde n’a qu’une seule revendication: bénéficier du même traitement financier que les ingénieurs. Cependant, le gouvernement ne leur offre qu’un statut similaire à celui du corps des enseignants. Une proposition que les concernés refusent catégoriquement. Et pour cause, les administrateurs et cadres assimilés avaient entamé la lutte pour une meilleure rémunération, dès 1999, aux côtés des ingénieurs. Ces derniers ont eu gain de cause en 2000, alors que les premiers ont été carrément déboutés. « Après une série de grèves, de sit-in et de marches (celle de demain sera la quatrième du genre), le dialogue avec le gouvernement semble avoir atteint une impasse », souligne Mohamed Belhaj, membre du secrétariat permanent de la commission nationale des administrateurs et cadres assimilés, affiliés à l’UMT. Pourtant, à un moment donné, les deux parties avaient enregistré d’énormes avancées. En avril 2003, des représentants syndicaux s’étaient réunis avec le ministre chargé de la Modernisation du secteur public, Najib Zerouali. Ce dernier, au nom du gouvernement, avait accepté d’aligner le statut des administrateurs sur celui des ingénieurs avec un effet rétroactif. En d’autres termes, la date d’exécution devait être celle de janvier 2000, au même titre que pour les ingénieurs. Cet engagement gouvernemental avait été réitéré par Zerouali cinq jours avant la signature de l’accord historique du 30 avril. Toutefois, le passage concernant les administrateurs avait été rédigé de manière ambiguë. Après plusieurs semaines d’attente, le gouvernement n’est pas passé à la phase d’exécution. « Par la suite, Najib Zerouali avait assuré, dans une déclaration devant les parlementaires, que le gouvernement accepte le principe de l’alignement des deux statuts (des ingénieurs et des administrateurs) mais que des problèmes subsistaient au sujet de la date d’exécution. « Le 19 août 2003, lors d’une réunion avec les syndicats, Zerouali est carrément revenu sur toutes ses déclarations et ses engagements », assure Belhaj. Et d’ajouter que « tout en exprimant sa solidarité avec les administrateurs, il a souligné que le budget de l’Etat ne permettait pas plus d’efforts ». Aujourd’hui, les quatre syndicats (UMT, CDT, FDT et UGTM) ne comptent pas accepter ce fait accompli et ces faux-prétextes », conclut Belhaj.

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