«Le rôle de l’aiguilleur du ciel est capital»

ALM : Comment devient-t-on aiguilleur du ciel ?
Samir Berrakhla : Depuis la marocanisation des systèmes de la navigation aérienne, l’entrée au centre de formation des contrôleurs se faisait suite à un concours organisé pour des bacheliers scientifiques en plus de l’aptitude médicale qui est une exigence pour avoir la licence qui donne le droit d’exercer. Mais, avec l’évolution du trafic aérien et la nouvelle mission de l’aiguilleur du ciel en matière de gestion de l’espace aérien, l’ONDA a revu à la hausse le niveau d’admission au concours ouvert aux licenciées scientifiques qui suivront deux années de formation à l’Académie internationale Mohammed VI de l’aviation civile pour obtenir un diplôme de Master en contrôle aérien.

Qu’en est-il de l’avenir de ce métier avec l’Open Sky ?
Le contrôleur aérien est l’un des acteurs les plus influents dans le domaine de la navigation aérienne. Son rôle est capital. De part sa mission traditionnelle, qui place la sécurité de la circulation aérienne au centre de ses préoccupations, il est devenu, dans le cadre des nouveaux concepts de navigation et de contrôle aériens, un gestionnaire du trafic aérien.

Est-ce que le cursus-formation au Maroc accompagne l’ouverture du ciel marocain ?
Cette nouvelle mission, imposée par les mutations technologiques, procédurales et réglementaires, a bouleversé radicalement les routines professionnelles du contrôle aérien, dans la mesure où elle requiert l’acquisition de connaissances techniques approfondies dans des domaines de plus en plus spécialisés. L’aiguilleur du ciel évolue dans un cadre structuré et réglementé aussi bien sur le plan national qu’international. Il le sera davantage, eu égard aux exigences de sécurité dictées par la nouvelle réglementation. Les reformes sont d’ores déjà engagées par l’ONDA. Les obligations supplémentaires auxquelles il devra répondre se situent au niveau des conditions de recrutement, des programmes de formation et des processus de qualification. Les normes auxquelles il sera constamment soumis sont validées et seront régulièrement vérifiées par la Direction de l’aéronautique civile.

Quel est l’impact du concept «ciel unique» sur les systèmes de navigation aérienne ?
La mise en oeuvre du concept «ciel unique» dans la région Europe aura sans doute des conséquences opérationnelles et techniques sur la navigation aérienne au niveau des Etats des régions adjacentes, notamment le Maroc qui reste incontournable pour atteindre plusieurs destinations. Ces conséquences peuvent comprendre, sans s’y limiter, l’augmentation rapide du trafic aérien, la révision du plan de navigation aérienne, la révision des procédures de coordination ainsi que la structuration du réseau des routes, le développement technique, la rentabilité, l’utilisation flexible de l’espace aérien, l’interopérabilité, les systèmes de redevances et probablement la révision des zones de responsabilité liées aux délégations d’espace aérien accordées par l’OACI surtout pour les Etats qui n’arrivent pas répondre aux exigences de l’aéronautique civile.

Qu’en est-il du Maroc ?
L’intégration du Maroc dans le ciel unique européen devrait apporter clarté et uniformité par la mise en oeuvre de règlements connexes sur d’autres questions, telles que la formation du personnel de gestion du trafic aérien, la délivrance de licences à ce personnel et sa motivation.

Formation et aptitude physique
Pour exercer le métier de contrôleur aérien, il faut suivre une formation spécialisée, théorique et pratique, englobant toutes les matières ayant trait à la gestion de la sécurité de la navigation aérienne, sans oublier la nouvelle exigence en matière de la langue anglaise. Sa durée est de deux ans, sanctionnée par un diplôme de Master spécialisé en contrôle aérien. Après sa formation diplômante, l’aiguilleur du ciel « stagiaire » se trouve confronter à deux autres défis.
1. Formation qualifiante : stagiaire, assistant, contrôleur, contrôleur radar, 1er contrôleur, 1er contrôleur radar et enfin instructeur.
2. Aptitude physique : c’est une visite médicale d’admission suivie dans un centre médical spécialisé en aéronautique civile et agréé par l’autorité compétente.
Nul ne pourra exercer la fonction d’aiguilleur du ciel s’il n’est détenteur d’une licence validée par la Direction de l’aéronautique civile et le centre médical agréé.
L’aiguilleur du ciel après son admission, se présente une fois tous les deux ans au centre médical jusqu’à l’âge de 40 ans, et après une fois par an.

Ressources
AMCA
Aéroport de Casa-Anfa
Tél : 022 90 39 56-57

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