Le Sahara fait mieux que la moyenne nationale

Le Sahara  fait mieux que la moyenne nationale

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) vient de rendre public son rapport sur la croissance économique et le développement humain dans les régions du Sud. Sur le plan économique, le HCP note que le Produit intérieur brut (PIB) réalise dans ces régions une croissance annuelle moyenne de 8,9%, alors qu’au niveau national celle-ci n’est que de 6,1%.

Le PIB par habitant s’est accru de 5,8% par an, dépassant celui de Rabat-Salé-Kenitra et se rapprochant de celui de Casablanca-Settat. Les conditions de vie des populations du Sud se sont nettement améliorées durant ces dernières années. Selon le HCP, 92% des ménages urbains dans ces régions occupent un logement de type villa, appartement ou maison marocaine moderne contre seulement 62,7%% au niveau national. Le parc de logements ayant moins de 20 ans d’âge est occupé par 53,8% des ménages.

Par ailleurs, 93,8% des ménages ont accès à l’électricité contre 91,9% au niveau national. Pour ce qui est de l’eau potable, 93,7% y ont accès contre 72,9% au niveau national. En matière d’éducation, le taux brut de scolarisation des enfants âgés de 6 à 22 ans, tous niveaux confondus, est passé de 67,4% en 2004 à 81,8% en 2014 contre respectivement 56,1 et 74,9% à l’échelle nationale.  

Autre constat : Les jeunes dans ces régions consacrent plus de temps à leurs études. Si l’on examine le nombre moyen d’années d’études de la population âgée de 25 ans et plus, on constate qu ‘il est passé de 3,4 années en 2004 à 4,6 années en 2014, dépassant ainsi la moyenne nationale de 4,4. Quant à l’espérance de vie scolaire définie comme la moyenne d’années d’études qu’un individu scolarisé espère passer dans le système d’enseignement, le document indique que cette espérance a évolué de 11,4 années en 2004 à 13,5 années en 2014, dépassant le niveau de 12 années observé à l’échelle nationale.

D’après les données du HCP, les habitants de ces régions dépenseraient autant que les Casablancais ou les Rbatis. En effet, les dépenses de consommation finale par habitant dans ces régions se sont accrues de 6%, entre 2004 et 2013, au lieu de 5,6% à l’échelle nationale, se rapprochant ainsi de leur niveau dans les régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-Kénitra. Dans ce cadre, il faut noter que le taux de pauvreté monétaire calculé sur les bases retenues par la Banque mondiale a reculé. Celui-ci a été fixé à 3,5% en 2011 contre 6,2% au niveau national.

Il en va de même du taux de pauvreté multidimensionnelle, selon l’approche dite d’Oxford adoptée par le PNUD. Cette forme de pauvreté a reculé de 18,4% en 2004 à 4,3% en 2014 contre respectivement 27 et 8,1% au niveau national.

Il est aussi intéressant de souligner l’évolution qu’a connue, dans ces régions, l’Indice de développement humain (IDH) mesuré selon l’approche du PNUD. En 2004, il était de 0,576 avant de passer à 0,643 en 2014, réalisant ainsi un taux de progression de 11,6% entre ces deux années et dépassant son niveau à l’échelle nationale pour se rapprocher des performances dans ce domaine des régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-Kénitra.

Les Sahraouis voient la vie en rose

Les habitants des provinces du Sud voient la vie de manière positive. Selon le HCP, près de 83% des personnes âgées de 20 à 59 ans se prévalent d’un bon moral devant la vie et affichent un sentiment d’optimisme.

C’est le cas de 85% des actifs occupés, de 87% des inactifs et de 66% des chômeurs. Par ailleurs, près de 72% des personnes âgées de 20 à 59 ans contre 68% au niveau national perçoivent une amélioration de leurs conditions de vie.

Autre constat : 61% pensent que les politiques publiques ont amélioré leurs conditions de vie. Cette proportion varie de 75% parmi les «employeurs, cadres supérieurs et responsables hiérarchiques», à 56% parmi les «ouvriers non qualifiés» et à 43% parmi les chômeurs.

Il faut aussi relever que 71%, contre 66% au niveau national, considèrent qu’au Maroc les différentes composantes ethniques, religieuses, sociales et politiques de la société marocaine vivent en harmonie et leurs rapports ne souffrent pas de tensions particulières.

Enfin, 68%  expriment le souhait de créer leur propre entreprise ou de réaliser un projet personnel. C’est le cas notamment de 92% parmi les «commerçants et intermédiaires financiers», de 88% parmi les «ouvriers et artisans qualifiés» et de 63% parmi les «cadres supérieurs, responsables hiérarchiques et employeurs».

Une transition démographique nuancée

Dans son document, le HCP relève que la transition démographique dans ces régions a suivi les mêmes tendances qu’ au niveau national.

Elle se distingue, cependant, par des nuances dues, en particulier, à une forte et rapide urbanisation qui, avec des taux de 70% en 2004 et de 77,3% en 2014, a été favorisée par des conditions naturelles et des séquelles sécuritaires ainsi que par le rythme accéléré du développement économique et de l’amélioration des conditions de vie de la population.

Il en découle que les comportements démographiques n’ont pas tardé à se rapprocher de ceux des régions les plus urbanisées du Maroc. «Le caractère relativement récent de cette urbanisation n’occulte cependant pas les marques culturelles d’une démographie pré-transitionnelle, illustrées par les niveaux relativement plus élevés, d’indicateurs notamment, à titre d’exemple, des taux de croissance de la population, de la fécondité ou encore de l’âge au premier mariage des femmes», souligne le HCP.

 

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