Le Salon «Animaly» fait ses débuts : Les animaux de compagnie à la fête

Le Salon «Animaly» fait ses débuts : Les animaux de compagnie à la fête

«Nous aimerions changer le regard des gens sur les chiens de rues pour qu’ils puissent trouver des foyers. Car beaucoup de gens préfèrent adopter des chiens dits de race et délaissent les chiens de rues qu’on appelle beldi ou kheloui».

Les amoureux des animaux de compagnie ont pu découvrir durant deux jours différentes races d’animaux exposées au Salon «Animaly» qui s’est déroulé en fin de semaine à Casablanca. Chiens, chats, lapins, poissons, oiseaux exotiques… petits et grands ont eu l’occasion d’approcher et pour certains d’adopter les animaux de leur choix. Toutefois, il ne suffit pas d’adopter ou d’acheter un animal pour prétendre aimer les animaux de compagnie. Il faut en prendre soin pour la vie. Tour d’horizons sur les principaux exposants au Salon et les races des animaux exposés.

La cavalière qui murmure aux oreilles des chevaux …

Passionnée par les chevaux, Bouchra Azmi est cavalière depuis 18 ans et propriétaire de 4 chevaux crème aux yeux bleus : Olympe (12 ans, jument arabe barbe), Athéna (4 ans, jument de race non constatée), Zafiro (7 ans, Hongre, espagnol croisé lusitanien) et Pop-Corn (4 ans, jument mini-shetland).

Au sein du Salon, la jeune cavalière âgée de 27 ans a réservé un stand où elle répond aux questions des curieux. Elle explique qu’elle est présente au Salon pour promouvoir sa marque «Equi Cream» et faire connaître tous les bienfaits des chevaux en matière d’équithérapie (l’art de soigner l’esprit par méditation du cheval). «L’animal est une éponge. Il ressent par exemple l’état d’esprit d’un enfant malade», explique Bouchra Azmi. L’équithérapie cherche à améliorer des difficultés d’ordre psychique. «Le cheval va ressentir par exemple l’hyperactivité chez l’enfant, ce qui va créer un lien entre l’enfant et l’animal. Ça aide l’enfant à être autonome et avoir confiance en lui», explique la cavalière soulignant que l’équithérapie aide les enfants autistes, trisomiques, hyperactifs ou encore les personnes bipolaires. Cette technique apprend à l’enfant à interagir avec l’animal, indique-t-elle.

La passionnée de chevaux fait également participer ses chevaux à des spectacles équestres ou à des soirées de gala. «Nous sommes basés à Rabat à l’institut vétérinaire et agronomique au Club El harka et pour l’instant nos chevaux font du spectacle équestre à la demande», précise-t-elle. Pour Bouchra Azmi, les chevaux sont des êtres sensibles qui nécessitent beaucoup d’attention. Rien qu’en nourriture, elle leur consacre un budget de 5.000 dirhams par mois.

Promouvoir les chiens de racemarocaine : Les «Sloughis» et les «Aïdi»

Au Salon de l’animal, la Société centrale canine marocaine (S.C.C.M) a réservé un stand pour promouvoir les deux races de chiens marocaines: les «Sloughis» et les «Aïdi». Celle-ci regroupe tous les juges, les clubs de race et de travail du Maroc. Elle délivre et contrôle les pedigrees et certificats de naissance des chiens. «La centrale canine existe depuis 1934, elle est présente à ce Salon pour protéger les deux races nationales standards que vous connaissez, à savoir : le «Sloughis» et le «Aidi» (qui est le berger de l’Atlas). D’ailleurs, nous sommes en train de relancer grâce au ministère ces deux races», précise Karim Laraki, président de la S.C.C.M. La société délivre 1.000 certificats de naissance par an pour toutes les races de chiens. Créée en 1934, elle est mandatée par le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts pour tenir le livre marocain des origines (LMO), registre matricule officiel, réservé aux races canines.

Les éleveurs de chiens amènent les portées chez le vétérinaire qui effectue la vaccination et délivre un certificat de vaccination. Il met une puce électronique d’identification au chien. «Tous ces documents sont ramenés à la centrale canine qui vérifie les dossiers et délivre un certificat de naissance. A l’âge de 15 mois et de 20 mois pour certaines races les juges vérifient si le chien répond aux standards et délivrent à partir de ce moment un pedigree».

Les abandons d’animaux de plus en plus nombreux

Les défenseurs de la cause animale sont également présents. Ahmed Tazi, président de l’Association de défense des animaux et de la nature (ADAN) qui fait partie du réseau associatif pour la protection animale et le développement durable au Maroc (Rapad, confie que l’objectif de sa présence au Salon c’est d’introduire la notion de bien-être animal dans les élevages et ne pas les faire reproduire excessivement et en prendre soin.

«Notre travail de sensibilisation ne s’adresse pas uniquement aux visiteurs. Il est également destiné aux éleveurs d’animaux. Par ailleurs, nous aimerions changer le regard des gens sur les chiens de rues pour qu’ils puissent trouver des foyers. Car beaucoup de gens préfèrent adopter des chiens dits de race et délaissent les chiens de rues qu’on appelle beldi ou kheloui», explique Ahmed Tazi ajoutant que l’association reçoit de plus en plus d’animaux abondonnés par leur maître. «L’année dernière on a eu 400 adoptions de chats mais les abandons déclarés (c’est-à-dire ceux qu’on reçoit) sont 5 fois plus. Je continuerais toujours à dire que si vous ne voulez pas adopter un animal de compagnie pour la vie, ne le prenez pas dès le départ. Les animaux de compagnie se laissent mourir et vivre très mal la séparation avec leur famille d’adoption».

En termes de chiffres, l’association accueille dans son dispensaire à Rabat actuellement 350 chiens sans parler des chiens de rues dont l’association se charge de nourrir. Au total, plus de 800 animaux sont pris en charge par l’association. «Nos charges s’élèvent à 100.000 dirhams par mois entre frais vétérinaires, stérilisation, nourriture, les salaires des employés, l’eau et l’électricité, la nourriture sèche, la viande, le riz. Mais ce qui est le plus coûteux, ce sont les frais des vétérinaires et les soins. Les gens nous ramènent des chiens et des chats accidentés qu’on est obligé de soigner parce que ces personnes nous disent qu’ils n’ont pas les moyens de les soigner. Ces opérations peuvent coûter de 1.500 à 2.000 dirhams (prix associatif) et parfois plus selon la gravité des cas», déclare Ahmed Tazi.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *