Le secret de l’image de marque

A l’heure où l’amalgame entre Islam et terrorisme s’ancre profondément dans l’esprit des Occidentaux, poussé par des courants ayant mis à profit les événements du 11 septembre, le témoignage d’un Américain, de surcroît député, sur le modèle marocain, ne peut que revêtir valeur de symbole. Doug Teschner, député à la Chambre des représentants du New Hampshire, Etat historique du nord-est des Etats-unis a effectué un voyage au Royaume au début du mois de novembre en compagnie d’un groupe d’Américains, dont un certain nombre de ses anciens collègues du corps de la paix. A son retour dans son pays, son appréciation comme celle de son groupe a été que pour connaître l’Islam et ses enseignements authentiques de paix et de coexistence, c’est au Maroc qu’il faut séjourner, a-t-il confié dans une déclaration à la MAP. Une appréciation qui, hélas, sonne comme une récompense par les temps qui courent. Comme si l’Islam en était réduit à attendre de tels témoignages, pour faire la preuve de sa caractéristique première de religion de paix, d’amour et de tolérance. Toujours est-il que la communauté marocaine – et musulmane en général – établie aux USA a besoin de cette « réhabilitation » de l’Islam aux yeux des Américains, devenus méfiants et souvent xénophobes au lendemain du 11 septembre. Doug Teschner, lui, livre la vérité qui a toujours été celle des Marocains. Pour lui, les gens ont été aussi accueillants et amicaux qu’il les avait connus 21 ans plus tôt, alors qu’il était en poste au Maroc comme volontaire au département des Eaux et Forêts. Sa femme va plus loin, s’estimant «être plus en sécurité au Maroc qu’à New York ». Doug Teschner et ceux qui l’accompagnaient ne sont autres que des prescripteurs d’opinion. Une tranche à laquelle l’on n’accorde que très peu d’importance au Maroc, alors qu’il en est tout à fait autrement ailleurs. Quand un député américain brave la phobie de l’avion pour se rendre au lointain Maroc, s’extasie sur l’esprit ouvert des gens, le développement dans tous les secteurs, sur la sécurité dans les rues, les traditions toujours maintenues vivantes, c’est autant de promesses. C’est un investissement à long terme qui n’a plus de secrets pour nos voisins Tunisiens et même Espagnols. C’est la recette simple et efficace. Elle passe par un travail en profondeur d’associations comme « Friends of Morocco » qui a organisé le voyage, en collaboration avec un tour opérateur de Washington. C’est ce genre d’associations que l’Etat devrait financer, qu’il s’agisse de l’image du Maroc auprès des investisseurs étrangers, ou des touristes ou encore, et c’est là où les lacunes risquent d’être les plus chères à payer, de la question de l’intégrité territoriale du Royaume.

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