Le Sida progresse chez nous

C’est samedi premier décembre, que le Maroc commémore la journée mondiale de lutte contre le Sida. La journée sera marquée par un lâcher de ballons qui sera organisé par l’Association de lutte contre le Sida (ALCS) à 21 heures en face du siège de la wilaya de Casablanca. Si le Maroc reste parmi les pays qui ont été les moins touchés par le virus, il n’empêche que la situation épidémiologique, selon des sources médicales, est préoccupante. Ainsi, d’après le ministère de la Santé, le nombre de cas enregistrés au Maroc jusqu’au 30 septembre 2001 est de 913, dont 65 % sont des hommes et 35 % des femmes. La répartition par âge montre que la tranche d’âge des 30-39 ans demeure la plus touchée avec 44 % des cas, suivie par les 15-29 avec 26 % et enfin les 40-49 avec 16 % des cas. Pour ce qui est de la ventilation des malades par mode de transmission, les hétérosexuels viennent largement en tête avec 69% des cas. Les homosexuels, les toxicomanes sont respectivement 9 et 6 % des cas déclarés. L’origine des malades du Sida au Maroc montre une prédominance de l’urbain sur le rural. Les villes contiennent, en effet, 89 % des séropositifs déclarés contre seulement 7 % pour les campagnes. En ce qui concerne les malades qui suivent un traitement au Maroc, l’ALCS affirme que sur les 913 cas confirmés, 182 malades subissent une tri-thérapie, tandis que 130 sont sur une liste d’attente. Le traitement qui coûte autour de 5.000 DH par mois n’est pas commercialisé dans les pharmacies. C’est l’ALCS qui joue le rôle de médiateur auprès des laboratoires Aventis, Glaxo et Sothema chez qui la tri-thérapie est disponible. Le ministère de la Santé prend en charge actuellement 18 malades du Sida, alors que 75 autres sont pris en charge par le Fonds de solidarité international. Les autres malades sont assurés par la CNOPS ou les assurances privées ou bien ils paient eux-même leurs médicaments. Si aujourd’hui, le Sida peut être considéré comme une maladie avec laquelle on peut vivre, il est donc clair que la majorité des personnes atteintes du Sida au Maroc ne subissent aucun traitement. Ils sont patients, vu la modicité des moyens, de pouvoir un jour faire partie des élus à qui est assuré un traitement. Le combat contre le Sida n’est donc plus simplement une question de prévention et de vigilance mais c’est également et surtout pouvoir soulager ces malades en leur fournissant une thérapie qui reste inaccessible pour une majorité d’entre-eux.

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