Le syndicalisme maghrébin mis à mal

Le syndicalisme maghrébin mis à mal

En Algérie, il semble que la contagion des «phantasmes» hostiles au Maroc se propage de plus en plus et affecte même certaines sphères censées restées à l’écart des calculs étatiques et de certains enjeux ne servant pas forcément l’intérêt des travailleurs et des masses laborieuses dans les pays du Maghreb. Ainsi, la décision de l’UMT (Union marocaine du travail) de ne pas accueillir les assises du Congrès extraordinaire de l’Union des syndicats des travailleurs du Maghreb arabe, prévu pour les 22 et 23 janvier 2004, a été considérée, par un organe de presse algérien, comme un coup de poignard porté dans le dos de cet organisme. Aussi, on reproche à l’UMT de s’adresser à cet effet au secrétaire général de l’USTMA, Abdessalem Jerrad, syndicaliste tunisien, au lieu de faire part de cette décision au président de ce groupement syndical, l’Algérien Abdelmajid Sidi Saïd. Interrogé sur cette question, Farouk Chahir, chargé des relations internationales de l’UMT s’est contenté de faire part de certains problèmes organisationnels qui ont empêché sa centrale d’accueillir le prochain congrès de l’USTMA. La tenue de ce congrès extraordinaire, dit-il, a été adoptée à l’issue d’une réunion du Conseil central, qui s’est tenue à Tunis le 22 septembre. Pour ce qui est de la concomitance de cette décision avec l’échec du dernier sommet de l’UMA (Union du Maghreb arabe), M. Chahir a tenu à mettre l’accent sur l’indépendance de sa centrale syndicale, vis-à-vis des pouvoirs publics, du patronat et des partis politiques. «D’ailleurs, les Algériens sont les premiers à le savoir», ajoute -t-il en guise de précision. Le 22 décembre, l’Union des syndicats du Maghreb arabe a présenté un document aux ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA, dans lequel l’accent a été mis sur la nécessité du respect des droits humains et des libertés syndicales dans l’ensemble des pays du Maghreb. Pour M. Chahir, ni l’échec du Sommet de l’UMA, ni la proposition de l’UMT de tenir le congrès extraordinaire de l’USTMA dans un pays autre que le Maroc, notamment en Tunisie ou en Libye, ne sauraient expliquer une quelconque position hostile au Maghreb ou une mainmise de l’Etat sur l’UMT, une centrale qui a officiellement presque soixante années d’existence. Mais, tel n’est pas l’avis de l’UGTA ( Union générale des travailleurs algériens) qui continue à voir dans cette décision une manoeuvre politique «qui pourra avoir des répercussions sur le sort du congrès». L’USTMA a été créée en 1989 et compte dans ses rangs outre les deux centrales marocaine et algérienne, l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens), l’USP (Union des Syndicats des producteurs libyens) et l’UTM (Union des travailleurs mauritaniens). De par sa composition, ce groupement syndical a constamment joué un rôle important dans la formation des syndicalistes des pays concernés, la concertation et les négociations internationales, notamment avec les syndicats européens.

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