Le temps est à la réconciliation

Pour la première fois depuis la démission de Abderrahman Youssoufi de l’action politique au Maroc et du poste de premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaire (USFP), ce parti est appelé à tenir la réunion de sa Commission administrative, considérée comme l’instance décisive la plus importante du parti, après le Congrès national. Normalement, cette réunion qui aura lieu le 21 décembre devrait constituer la suite logique d’une session ouverte dont les travaux ne sont pas encore terminés. Mais, au vu des circonstances dans lesquelles elle s’inscrit, il y a lieu de signaler son importance pour l’évolution de l’action de l’USFP. En effet, après les résultats des élections communales, professionnelles et régionales, et le malaise qui s’en est suivi au sein du parti, la deuxième partie de la session de la Commission administrative s’annonçait houleuse et difficile à gérer. Mais, la démission du premier secrétaire, le lendemain du dernier événement électoral a marqué un nouveau tournant et rendu caduques toutes les critiques focalisées sur la gestion des échéances passées. Du 28 octobre au 28 novembre, l’USFP avait pour préoccupation principale le règlement de la question de succession de M. Youssoufi, à la tête du Bureau politique. Une grande partie de l’opinion publique a vibré, en effet, au rythme des tractations qui se sont déroulées au sein de cette instance. Finalement, c’est Mohamed Elyazghi qui a bénéficié du consentement des membres du B.P. et Abdelouahed Radi, a été désigné, en tant que Premier secrétaire-adjoint de cette formation partisane. C’est à ce titre d’ailleurs que ce dernier présidera la réunion de la Commission administrative, le 21 décembre. Trois points sont inscrits à l’ordre du jour. D’abord la discussion de la plate-forme politique présentée par Mohamed Elyazghi lors de la Conférence de presse du 29 novembre dernier. Le deuxième point concerne la restructuration de la Commission administrative et des Commissions thématiques (organisationnelle, des relations extérieures, de l’Information, etc). Selon la nouvelle plate-forme du Bureau politique, chacune de ces commissions est appelée à élire son président et son rapporteur. Certes, le BP aura droit de regard sur le travail de ces instances, mais, cela ne signifie nullement qu’elles seront de simples courroies de transmission entre la direction et la base. Leurs prérogatives seront désormais élargies. Enfin, l’adoption d’un nouveau programme d’actions. Les commissions précitées sont appelées à préparer les documents de travail du prochain Comité central. En revanche, le débat politique, notamment au sujet de l’alternance politique et des élections sera reporté au prochain congrès, lequel est seul mandaté à définir la stratégie du parti pour les années à venir et qui nous séparent des prochaines échéances électorales. Ceci dit, dans les locaux régionaux et provinciaux, les cadres du parti tentent de créer un nouveau climat d’entente entre eux. La célébration du 28ème anniversaire de la disparition de Omar Benjelloun, membre du Bureau politique de l’USFP assassiné le 18 décembre 1975 à Casablanca par un groupe de terroristes «islamistes», constitue pour cette formation une occasion pour se mobiliser autour de la lutte contre l’extrémisme et pour la modernité et la démocratie. Un projet encore d’actualité pressante pour l’ensemble de la clase politique marocaine.

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