Le traitement du cancer décentralisé

Le ministre de la Santé publique, Thami Khyari a procédé jeudi dernier à l’inauguration d’un nouveau pavillon pour l’hospitalisation des cancéreux à l’Institut National d’Oncologie Sidi Mohamed Ben Abdellah à Rabat. Lors de cette manifestation, M. Khyari a annoncé, dans un discours prononcé à l’occasion, les grands axes de la stratégie de son département dans la lutte contre le cancer et la prise en charge des cancéreux. Stratégie allant dans le sens de la décentralisation et de la régionalisation en vue de faciliter la tâche aux malades résidant hors l’axe Casa-Rabat et diminuer la pression sur le personnel de l’Institut National d’Oncologie de Rabat et le Service Oncologique au CHU de Casablanca. Dans ce cadre, le ministre a souligné que l’Institut National d’Oncologie connaît près de 280 consultations quotidiennes, 299 traitements en radiothérapie, 45 en chimiothérapie, un taux d’occupation moyenne de 83 % et une durée moyenne de séjour de 19 jours. Et de préciser que même avec des équipements performants et des technologies récentes, il y a toujours une forte pression sur le personnel, qui pourrait se répercuter sur la qualité d’accueil et de prise en charge.
Pour pallier à cette situation, le ministère de la Santé opte pour la formule de décentralisation.
À moyen terme, le ministre a annoncé que son département s’est résolu à développer un réseau national d’oncologie qui s’articule autour des services d’oncologie prévus aux CHU de Fès et de Marrakech, deux hôpitaux à Agadir et à Oujda et d’un autre à Tanger.
À cet égard le ministre a invité les responsables de l’INO et du service d’Oncologie de Casablanca à programmer la formation et l’affectation du personnel nécessaire pour la réalisation dans les plus brefs délais, des deux services d’oncologie de Fès et de Marrakech. Les chefs de services sont appelés, dit-il, à communiquer au ministère un plan d’action global prévoyant aussi bien les ressources humaines, que les équipements nécessaires et les besoins de fonctionnement pour pouvoir les programmer et les budgétiser, selon un planning rigoureux. Le centre d’Agadir, ajoute le ministre, sera opérationnel dès l’année prochaine. Pour l’Oriental, M. Khyari a affirmé que le ministère est en phase de préparation pour ériger un hôpital d’Oujda en centre oncologique, également dès l’an prochain. À court terme, le premier responsable de la santé a indiqué que le département a décidé de recruter des psychologues pour accompagner les citoyens soumis à l’agression des traitements contre le cancer, de créer des centres anti-douleur et de charger une commission pour préparer dans un délai d’un mois un plan de décentralisation de tous les actes ne nécessitant pas des traitements pointus ainsi que l’implication de la société civile dans le domaine, pour s’investir dans l’édification de centres d’accueil à proximité de certaines structures hospitalières, pour accueillir aussi bien les malades, soumis à des traitements de longues durées, sans que l’hospitalisation soit recommandée, que les membres de leurs familles les accompagnant.

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