Le traquenard

Le traquenard

«Enfin, j’ai trouvé l’homme dont j’ai toujours rêvé pour le mariage », se dit Halima. De bonne allure et d’une beauté certaine , elle séduit les jeunes qu’elle croise Elle vient de fêter son dix-neuvième printemps et sa première année à El Jadida. Halima a vécu ses dix-huit années dans une localité de Moulay Abdellah, près de ses parents, ses trois soeurs et frères. Elle n’a jamais pensé s’éloigner puisqu’elle a passé des bons moments avec eux. D’abord, elle a appris à lire et à écrire parmi eux. À la 6ème année de l’enseignement fondamental, ses parents l’ont empêchée de poursuivre ses études. La raison : le collège est situé plus loin que l’école primaire. Ils ont préféré la conduire chez une «Maâlma» qui enseigne la couture aux jeunes filles du douar. Les années passent rapidement et Halima atteint la phase de l’adolescence, puis l’âge adulte. Une phase qui doit être honorée par le mariage. Sinon, qu’est-ce qu’on va dire d’elle dans son douar ? C’est pourquoi, elle a pensé aller ailleurs, loin de son douar pour tenter sa chance. Le destin lui a sourit. En effet, sa tante paternelle est arrivée chez eux. Elle lui propose de l’accompagner chez elle à El Jadida. Halima n’a pas perdu de temps pour emballer ses affaires et l’accompagner. À El Jadida, elle commence à sentir la vie, notamment quand elle a trouvé un job chez une couturière professionnelle. Et Halima s’est familiarisée avec la ville et ses habitants comme si elle y a vécu depuis sa naissance. Août 2003. Elle fait la connaissance d’un jeune homme. Il s’appelle Mohamed. Il est âgé de vingt-sept ans et mécanicien de son état. Il l’a suivie alors qu’elle rentrait chez sa tante paternelle. Il était comme son ombre et s’est mis à lui lancer des mots mielleux avant d’arriver à son quartier. Elle craignait d’être surprise par sa tante. «Si je te plais, demande-moi en mariage, tu dois t’adresser à mes parents…», lui dit-elle sans ajouter mot. Une semaine plus tard, elle fut surpris par Mohamed qui conversait avec sa tante. Qu’est- ce qu’il lui dit ? Est-il sérieux ? Sa tante l’a accueilli avec un sourire. «Ce jeune homme te demande en mariage et je lui ai dit de s’adresser à tes parents», lui confie-t-elle. Heureuse, Halima passe son temps à rêver, jusqu’au jour où Mohamed s’est rendu chez ses parents au douar, accompagné des siens. Tout a été fixé ; le jour des fiançailles et celui du mariage. Ils auront lieu l’été 2004. En attendant, Halima est retournée chez sa tante paternelle à El Jadida. Quand il lui a demandé la première fois de sortir en sa compagnie, elle a refusé. Il a tenté une deuxième et une énième fois. Mais en vain. Octobre dernier. Mohamed s’est adressé à la tante de Halima, lui a demandé de permettre à sa nièce de l’accompagner pour acheter des meubles pour leur futur foyer. Elle était d’accord. A bord de son vélomoteur, Mohamed a conduit Halima jusque chez lui. «Tu dois d’abord visiter la maison qui sera ton futur foyer…», lui dit-il. Une fois à l’intérieur, Halima s’est trouvée seule avec Mohamed qui l’a obligée à faire l’amour. Refusant dans un premier temps, elle a obtempéré sous la menace d’un couteau. Après quoi, il l’a relâchée pour qu’elle se rende chez elle dans un état lamentable. Sa tante l’a conduite à la police judiciaire pour porter plainte. Arrêté, Mohamed n’avait jamais l’intention de se marier, mais seulement de faire l’amour. Et les gens qui l’avaient accompagné chez la famille de Halima? Ce ne sont pas des parents à lui. Ils s’agissait seulement d’une femme et d’un homme auxquels il avait versé de l’argent pour rassurer Halima et ses parents. Mohamed et ses deux faux parents ont été présentés à la justice.

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