Le vin et des filles, toile de fond d’un meurtre

Mardi 11 février 2003. Tous les Marocains se préparent à l’Aïd Lekbir qui aura lieu le lendemain, mercredi. Les débits de boissons et les bars sont fermés, mais les guerrabas, qui vendent les boissons alcooliques sans autorisation, ne ferment pas boutique. C’est l’occasion pour eux de faire de bonnes affaires.
Mohamed et Saïd sont deux frères qui se rencontrent tant pour le bien que pour le mal. Ils ne se séparent jamais, comme des jumeaux. Le premier a vingt ans et le second en a vingt-cinq. Aucun des deux n’a pu aller au-delà du niveau primaire. Leurs parents pauvres ne pouvaient, ni les inscrire dans une école privée, ni les mettre dans un institut de formation professionnelle. Ils ont tenté de les confier à des artisans pour qu’ils apprennent un métier. Mais en vain. La rue les attirait et ils l’ont choisie. Là, ils ont appris tous les maux, tous les ingrédients de la délinquance. Certes, ils ont commencé de temps en temps à se débrouiller pour avoir quelques sous. Mais, ils les gaspillaient à chaque fois pour avoir leur dose quotidienne en haschisch ou en boissons alcooliques.
Raja et Soumaya sont deux amies depuis peu de temps. La première a dix-sept ans et la seconde en a vingt et un. Leurs parents ne s’intéressent pas à elles. Elles faisaient ce qu’elles voulaient. Elles ont, également, été larguées comme une offrande à la rue, pour apprendre tous les mauvais comportements.
A l’instar de la majorité des jeunes, les deux amies ont rencontré les deux frères dans la rue. Ces derniers ont racolées et les deux filles n’ont pas hésité à leur parler, à les accompagner dans un café et à fixer avec eux un autre rendez-vous.
Ils avaient fixé un autre rendez-vous pour la veille de l’Aïd Al Adha pour passer ensemble un petit moment. Comme à l’accoutumée, les deux filles n’ont pas hésité une seconde à se rendre, au douar El Messaoudi. Les deux frères avaient déjà acheté des bouteilles de vin rouge et quelques cannettes de bière chez un guerrabe. Quand les deux filles les ont rejointes, ils ont commencé à s’enivrer en pleine rue.
Quelques instants plus tard, Larbi, trente-trois ans, accompagné de deux autres jeunes, les a rejoints à bord de sa Peugeot 309. D’un verre à l’autre, les têtes ont tourné au point que Larbi a désiré l’une des deux filles. Il a commencé à lui faire des avances. Les deux frères, trop énervés, ont commencé à briser le pare brise de la Peugeot. Larbi et ses deux amis montent dans la voiture pour disparaître. Un quart d’heure plus tard, ils reviennent vers les lieux en compagnie d’un troisième ami et d’un autre frère de Larbi. Ils sont devenus cinq, armés de couteaux. Les deux frères et leurs deux amantes étaient encore sur les lieux. Face à face, ils ont commencé par les injures et les insultes qui ont cédé la place à une bagarre par les armes blanches. L’un des deux frères, Saïd, s’est effondré suite à un coup de couteau que lui a asséné Larbi. Ce dernier et ses amis ont pris la poudre d’escampette.
Alertés, les éléments de la cinquième section judiciaire de Casablanca-Anfa se sont dépêchés sur les lieux et Saïd a été évacué vers les urgences de l’hôpital Ibn Rochd où il a rendu l’âme suite à ses blessures. Le lenbdemain, Larbi a été arrêté, au commissariat de police du quartier Ghandi où il tentait de déposer une plainte contre les deux frères. Il a conduit les enquêteurs vers ses complices pour qu’ils soient tous mis entre les mains du parquet général près la Cour d’appel de Casablanca.

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