Leila Cherif : «Notre bilan est positif»

Leila Cherif : «Notre bilan est positif»

ALM : Aujourd’hui, l’Heure Joyeuse tient son assemblée générale ordinaire annuelle au cours de laquelle sera présenté le rapport d’activités de l’année 2006. Comment évaluez-vous ce bilan d’actions ?
Leila Benhima Cherif : Un bilan positif. Ces dernières années, l’association a accompli un grand pas en avant en matière d’amélioration des prestations, d’organisation, de maîtrise du coût et de structuration de ses services. Plusieurs projets ont été réalisés, en outre, tous ayant comme seul objectif la lutte contre l’exclusion.
A titre d’exemple, au niveau du centre polyvalent de l’enfance et de la famille, le service de lutte contre la mortalité infantile a traité  au cours de la période 2000-2006 près de 2020 bébés qui souffraient de malnutrition, de maladies cardiaques, d’allergie et de problèmes respiratoires, entre autres pathologies.
Notre jardin d’enfants multisocial a accueilli, pour l’année scolaire 2005-2006, 72 enfants. Cette structure composée de 5 classes permet aux enfants de 3 à 5 ans issus des milieux défavorisés de bénéficier de différentes activités éducatives. Autre volet de nos actions concerne l’insertion familiale et sociale des jeunes en situation de rue par la scolarisation ou la formation professionnelle. Aujourd’hui, nous avons mis en place des structures de formation, qui nous permettent de toucher 300 jeunes. Pour les enfants du monde rural, nous avons construit 16 écoles. En somme, l’Heure Joyeuse a renforcé ses activités traditionnelles qui sont regroupées dans le centre polyvalent de l’enfant et de la famille et a mis en place des projets de développement devant permettre l’insertion de jeunes hommes et femmes dans le monde du travail.

D’après votre expérience sur le terrain, quels sont les facteurs sociaux qui entraînent les jeunes vers la rue ?
Nos enquêtes révèlent que, contrairement à ce qui est communément admis, l’éclatement des familles n’est pas le seul facteur qui incite les jeunes à la rue.
La majorité des familles des jeunes reçus à l’Heure Joyeuse sont des familles unies avec un pourcentage de 54% et 32% des jeunes sont issus de familles éclatées. D’autres facteurs sont également à l’origine du phénomène des enfants des rues, à leur tête la pauvreté qui met les parents dans l’impossibilité de subvenir aux besoins de leur famille souvent trop nombreuse. A cela s’ajoute le manque d’éducation et l’ignorance des parents.
Concernant les sources de revenus des familles des jeunes admis à l’Heure Joyeuse, la mendicité est celle de 18 % des mères et de 4% des pères. 27% des mères sont des femmes de ménage et 18% n’ont aucune profession. Du côté des pères, le taux de chômage est de 23%.
Il faut noter que l’un des problèmes auxquels nous sommes confrontés concerne les parents mendiants. Ils ne se soucient pas du tout de leurs enfants. Ils nous en veulent déjà parce qu’on leur retire leurs enfants qu’ils exploitent dans la mendicité. Ils ne veulent rien entendre. C’est dramatique !

Quels sont vos futurs projets ?
Nous avons déjà lancé quelques projets. Il s’agit du projet de formation des jeunes en situation précaire à la gestion des micro projets en partenariat avec PlanetFinance Maroc. Ce projet cible 100 jeunes de l’Heure Joyeuse et 40 autres jeunes de l’association Darna de Tanger.
Un autre projet de formation en fer forgé est également en cours de réalisation en collaboration avec l’INDH. Puis un projet de formation de pompistes en collaboration avec Shell.

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