Lekhlafa : «En finir avec la mainmise de l’UMT»

Lekhlafa : «En finir avec la mainmise de l’UMT»

ALM : Qu’attendez-vous du nouveau directeur général de la CNSS ?
Mostafa Lekhlafa : En tant que secrétaire général du syndicat affilié à l’UGTM, on attend plusieurs choses et d’abord assurer la pérennité du système liée à la mise en application de l’AMO. Deuxièmement, sur le plan syndical, on attend à ce que le nouveau directeur mette fin à la mainmise de l’UMT sur la CNSS tout en oeuvrant pour la liberté de choix et le pluralisme syndical. Il faut aussi résoudre la problématique des polycliniques qui seront prochainement cédées en gestion déléguée. A ce niveau-là, il faut faire attention au devenir du personnel de ces polycliniques. Il faut surtout que le nouveau patron affiche une neutralité absolue favorisant un climat de confiance et de liberté de choix. Nous tenons à cet aspect des choses.

Vous avez côtoyé plusieurs directeurs généraux et siégé au Conseil d’administration de la CNSS. Quelles sont, selon vous, les qualités requises pour un bon directeur ?
Il faut qu’il soit un technicien maîtrisant le dossier de la CNSS et qu’il travaille dans le cadre d’une bonne concertation avec tous les partenaires et non pas de prendre des décisions sans réflexion et mettre tout le monde devant le fait accompli.
Il faut aussi qu’il veille à la sauvegarde des acquis et fasse quelque chose pour l’amélioration des conditions. Je pense notamment au transport et à la restauration du personnel qui seraient les bienvenus pour accompagner l’entrée en vigueur de l’horaire continu.

Cela veut-il dire que vous avez des reproches envers l’ex-directeur général ?
Oui, beaucoup, et le premier est qu’il n’était pas neutre. Il a toujours travaillé de manière unilatérale en favorisant notamment l’UMT. On lui reproche aussi d’avoir flirté avec le patronat aux dépens des intérêts des assurés sociaux dont il devait être le principal garant. Il lui arrivait aussi de faire dans la précipitation en prenant des décisions hâtives et non réfléchies, surtout pour de grands chantiers. Je donnerai comme exemple de ces décisions la nomination des directeurs centraux et régionaux qui s’est avérée subjective.

Pour vous, quels sont les chantiers prioritaires de la CNSS ?
Il faut axer les efforts sur le recouvrement et le contrôle qui doivent se faire de manière plus professionnelle. Il faut surtout motiver le personnel itinérant, l’encourager, l’accompagner et le sécuriser. En un mot, réfléchir à un mode de traitement qui serait proche de celui en vigueur aux Finances. Cela crée de l’émulation.

Est-ce que la vacance du poste, d’après vous, nuit aux intérêts de la CNSS ?
Absolument. Celui qui assure l’intérim de la direction générale de la CNSS ne peut que gérer les affaires courantes sans avoir de réel pouvoir de décision. Donc, à chaque moment, il doit en référer au ministère de tutelle. Ce n’est pas bon pour la boîte que cette situation s’éternise.

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