L’enfer de la circulation entre Rabat et Salé

C’est un enfer ni plus ni moins. L’impression des R’batis et des Slaouis vis-à-vis de la circulation est la même. Au matin comme au soir, les concerts de klaxons envahissent les différents axes reliant les deux villes voisines. Que vous preniez le pont Moulay El Hassan ou que vous le contourniez en passant par Marjane, rien à faire, les embouteillages sont quasi constants. Mettez vos nerfs dans un frigo, car il n’y a pas d’autres solutions même si certains conducteurs s’essaient aux cascades sur les trottoirs. Aux embouteillages s’ajoute alors une désorganisation impossible où la file des véhicules grossit de gauche et de droite faisant éclater des disputes et enrager les klaxons. Et pour ne rien arranger aux choses, depuis que les autorités de la capitale ont interdit aux véhicules de poids lourds d’emprunter la route côtière via les Oudayas, les embouteillages ont tout simplement explosé surtout sur le pont Moulay El Hassan. Car en plus des camions et des autocars, il faut aussi compter les 5000 bus et 13.000 taxis blancs qui traversent quotidiennement cet axe.
De serrée à plus serrée, la circulation est devenue un des dossiers les plus compliqués de la wilaya de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër . Pour décongestionner la circulation, un bureau d’études espagnol INECO devra tracer un schéma-directeur de la circulation et du transport de Rabat, Salé et Skhirat-Témara. Que doit faire exactement ce bureau d’études ?  Eh bien tout d’abord collecter des données, ensuite faire un diagnostic et, enfin, apporter des propositions devant permettre une meilleure visibilité et gestion de la circulation et du transport. Transports urbain et scolaire ainsi que les taxis feront l’objet de proposition d’alternatives qui devront améliorer leurs infrastructures.
Les résultats de cette étude, il faudra les attendre d’ici l’été prochain. Pour le moment, les concertations entre les autorités de la ville et INECO se feront par des réunions ponctuelles au cours desquelles sera évalué l’état d’avancement de l’étude. Tout ce travail est financé par un don de 12 millions de dirhams accordé par l’Espagne au Maroc.
Côté transport urbain, la wilaya de la Région cherche à liquider la Régie autonome du transport urbain de Rabat et Salé (RATR).
Là, les autorités auront à mettre un terme à une crise qui a longtemps duré générant au fil des années un énorme conflit social opposant les 378 salariés aux responsables de la régie. Le règlement du dossier est soumis à l’examen de la wilaya qui devra bientôt y trouver solution.
On ne peut soulever la question de la circulation sans évoquer la mise en place du tramway par l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg. Ce sera, à l’avenir, la principale infrastructure de transport collectif pour Rabat et Salé. En juillet prochain, les travaux de la première tranche pour la réalisation de ce projet de 2,5 milliards de dirhams seront lancés. Chaque jour, 172.000 personnes pourront assurer leur déplacement à bord du tramway qui comptera deux lignes de 18km. La première de 27 stations devra relier l’arrondissement de Tabriket à Salé à l’hôpital Ibn Sina à Rabat. Alors que la seconde ligne (12 stations) assurera la liaison entre Bettana à Salé et le quartier l’Océan à Rabat. Le tramway ne se limitera certainement pas à ces deux lignes. D’autres parties de la région de Rabat, dont Témara-Skhirat, seront desservies au fur et à mesure dès que ce moyen de transport sera opérationnel. En attendant que la circulation soit organisée, il faudra s’armer de patience pour supporter d’autres années encore les embouteillages.

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