L’énigme El Ouassouli

L’énigme El Ouassouli

Plusieurs jours se sont écoulés depuis que la synthèse du rapport de l’IER a été rendu publique. Les familles des disparus vivent les ultimes moments d’attente avant de recevoir un courrier les informant officiellement du sort de leurs proches.
En attendant, la famille El Ouassouli vit, quant à elle, ces derniers jours au rythme de déclarations déroutantes de certains membres de l’Instance, sur le sort de son fils Omar El Ouassouli.
Il s’agit notamment des déclarations de Benayoub, selon lesquelles Omar Ouassouli, disparu depuis plus de 20 ans, est en fait en liberté et qu’il n’a jamais été victime de disparition forcée. Polémique.
« La famille d’Omar Ouassouli n’a plus de ses nouvelles depuis 1984, mais il s’est avéré qu’il est en liberté », a affirmé M. Benayoub, membre de l’Instance Equité et Réconciliation.
M. Benayoub a par ailleurs dévoilé qu’ « en se basant sur les informations et les investigations, nous avons déduit qu’il n’existe aucune preuve irréfutable selon laquelle la personne en question a été victime de la disparition forcée et dans tous les cas, nous avons recommandé la poursuite des recherches pour permettre à la famille de le contacter et de mettre fin au flou qui entoure cette question ». Les conclusions de l’IER sont ainsi clairement énoncées.
Suite à ces déclarations, la réaction de la famille El Ouassouli ne s’est pas fait attendre. Cette dernière rejette en bloc toutes ces « révélations ». Contacté par ALM, Abdelhak El Ouassouli, frère d’Omar, considère ces conclusions comme un autre crime contre sa famille : «Pour notre famille, Omar est toujours victime de la disparition forcée et nous demandons aux autorités de le libérer immédiatement». Si la victime n’a pas été victime d’enlèvement est de répression pourquoi n’est-il pas réapparu ?
Pour la famille El Ouassouli, la seule preuve acceptable pour que les conclusions de l’IER soient admises est que Omar revienne. Les membres de cette famille, qui attendent par ailleurs de recevoir la réponse officielle de l’IER, exigent en outre d’accéder à toutes les informations collectées par cette instance afin d’effectuer les vérifications nécessaires qui les méneraient sur le chemin de la vérité. Une vérité pour le moment introuvable.
Voilà que le fabuleux destin d’Omar El Ouassouli fait l’objet de controverse. Que de péripéties ont en effet marqué la vie de cet homme. Omar est né en 1955, à Jorf, un petit village dans la province d’Errachidia.  Il a obtenu son baccalauréat en 1975 et a alors rejoint l’École nationale d’agriculture de Meknès. Omar militait à cette époque dans l’Association des étudiants de son école. Il était par ailleurs connu pour ses sympathies pour le mouvement Ilal Amam.  En 1979, il est affecté à Khénifra comme ingénieur agricole. Les ennuis ne vont pas tarder. Il est convoqué trois fois de suite par la police en 1980. Engagé par la FAO, il ira en France pour devenir ingénieur d’État. Mais le ministère de l’Agriculture lui interdit de travailler au Maroc pour le compte de la FAO. Il finira tout de même par trouver du travail en janvier 1983 à Agadir. Il y est depuis un an quand il prend son congé le 15 février 1984. Deux jours après, il vient rendre visite à son frère Abdelhak, à Casablanca. Puis il s’en va. C’est la dernière fois qu’on le verra vivant. Depuis, sa famille mène un combat dur et acharné pour le retrouver et résoudre finalement l’énigme de sa disparition. Une énigme qui, malgré les dernières déclarations des membres de l’IER, reste entière.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *