L’enseignement privé gagne du terrain

L’enseignement privé gagne du terrain

Les établissements privés d’enseignement supérieur n’ont cessé d’évoluer au cours de ces dernières années. Casablanca est la ville qui connaît la plus grande concentration d’écoles et autres instituts privés. Un foisonnement qui accompagne toutefois une forte demande de la part des jeunes bachelières et bacheliers. «Il faut dire que le privé est l’unique solution qui nous reste. Pour pouvoir intégrer le marché du travail plus tard, il faut avoir une formation solide. Et cette formation, on ne pourra pas l’avoir dans les universités», déclare une jeune fille inscrite dans une école privée de gestion à Casablanca. Certes, opter pour un établissement privé d’enseignement supérieur est un lourd investissement à long terme.
Des fois, il s’agit même d’un investissement familial. C’est le cas notamment de ce jeune bachelier issu d’une modeste famille casablancaise. «Je suis arrivé, non sans peine, à décrocher mon baccalauréat. C’était une grande surprise pour mes parents : je suis en quelque sorte l’espoir de ma famille. C’est ainsi que j’ai entamé mes études supérieures dans une école privée avec le soutien financier de mes parents et de mes frères!», raconte-t-il. Les écoles privées rivalisent de procédés et autres techniques de communication pour attirer le maximum d’étudiants. Affichages, spots publicitaires, distribution de flyers…
Elles usent de tous les moyens pour convaincre. Les frais de scolarité varient d’un institut à un autre selon le type de la formation qu’il propose et le nombre de conventions de partenariat signées avec tel ou tel organisme. Le domaine de la gestion et de la communication ainsi que celui du paramédical est le plus prisé par les étudiants.
La ville de Casablanca compte, à elle seule, plus de 53 établissements privés d’enseignement supérieur avec un nombre d’étudiants de 8908 pour l’année universitaire 2003-2004. Pour sa part, Rabat arrive en seconde place avec 25 établissements privés et 3788 étudiants. Pour les autres villes du Royaume, le nombre oscille entre deux à dix écoles privées. Le total de l’effectif des étudiants inscrits au cours de l’année universitaire 2003-2004 dans les établissements privés a été de 17.558, dont 8462 sont des filles. Il faut noter également que les étrangers sont de plus en plus nombreux à opter pour l’enseignement privé.
Durant cette même année universitaire, ils étaient 1.335 à suivre des cours dans le secteur de l’éducation privée. Toutefois, s’inscrire dans un établissement privé d’enseignement supérieur ne signifie guère qu’au bout du chemin chacun des étudiants aura son diplôme.
Les statistiques du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique démontrent que le nombre des diplômés est bien en deçà de celui des inscrits. En fait, et précisément au cours de l’année universitaire 2002-2003, à Casablanca, les diplômés étaient au nombre de 1.315 sur un total de 8.908. 
Si l’enseignement privé gagne du terrain, ce n’est guère au détriment des universités et autres établissements publics. En témoigne cette augmentation de 5 %, durant l’année universitaire 2004-2005, du nombre des étudiants par rapport à l’année d’avant. Cette année coïncide en fait avec le lancement du nouveau système LMD (Licence, Master et Doctorat) et avec l’organisation des études en filières et en modules semestriels avec un contrôle continu.

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