Les arrestations commencent

C’est l’aubaine, l’eldorado, l’occasion à ne pas rater. C’est ce que des milliers de jeunes marocains désoeuvrés ont vu d’emblée dans la fameuse opération des 30.000 emplois à bord de bateaux de croisière stationnés l’on ne sait où. Chacun des candidats, broyant du noir à cause du chômage, a pris d’assaut sans trop réfléchir les antennes de l’Anapec dans les différentes provinces pour s’inscrire.
Une véritable marche nationale pour l’embauche. Alléluia de bonheur qui risque fort de se transformer en une gigantesque mélopée du malheur. La procédure de recrutement mise en place par l’agence dirigée par Chafik Rached est pour le moins perverse. Car elle porte en elle les gènes de l’escroquerie et de la propension à exploiter le désarroi des sans emplois par une kyrielle d’intermédiaires de mauvaise foi, attirés par l’appât du gain. C’est ce qui est arrivé. À Aïn Sebaâ à Casablanca, la femme d’un député sortant n’a-t-elle pas saisi cette affaire au vol pour promettre à des jeunes, qui n’ont pas pu postuler au programme de l’agence émiratie Al Najat, une place garantie dans le paradis déjà très incertain des croisières de Al Najat ? Le même scénario a eu lieu dans d’autres villes, à Oujda, Taounate, Meknès, Taza, Fès, Marrakech…, où des députés et des conseillers ont sauté sur l’occasion pour entretenir un commerce politique de mauvais aloi dans la perspective des élections … Tout le monde s’est transformé à l’occasion, soit pour plumer les candidats au départ ou pour s’assurer leurs voix le jour du vote, en sergent recruteur pour des emplois qui n’existent pas. Des bombes sociales dans tous les coins et recoins du pays.
Le feu de l’arnaque se propage au rythme de l’espoir faussement nourri parmi de larges pans d’une jeunesse aux abois. Voilà qu’un réseau vient d’être démantelé à Azrou. Les services de la police locale ont arrêté, le 20 mai, certains de ses membres. Il s’agit de Ismaïl Lakbiri, Kenza El Azzaoui, Abdelaziz El Hachemi et Oum El Kehir Agmari. Ces derniers promettaient à leurs victimes des contrats de travail aux Emirats Arabes Unis, en échange de 30.000 à 50.000 Dhs .
Le chef du réseau est une femme : Malika El Mountassir, elle habite à Salé et elle est en fuite. Elle est recherchée activement par la police. On est en face à ce qui ressemble de plus en plus à une grosse entreprise d’escroquerie ( l’opération Al Najat) qui a enfanté un réseau de petits arnaqueurs un peu partout à travers le pays.

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