Les assassins de Rebibo devant la justice

Il a fallu trois audiences aux magistrats de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat pour entendre tous les accusés dans l’affaire du groupe d’Agadir. Durant ces trois audiences, deux mineurs ont été dissociés du groupe et Mohamed Chrâa, l’un des chefs suprêmes de la mouvance salafia, a reconnu, d’une part, sa relation avec Al Qaïda et d’autre part, il a avoué avoir expérimenté à trois reprises des explosifs dans le sud du Maroc. La plupart des autres accusés ont nié toute tendance incitant au Jihad. Et pendant que les 45 accusés défilaient devant la cour, deux autres procès étaient restés en instance de jugement. Le dossier N° 937 implique un seul accusé, Mohamed El Khodaîri âgé de 28 ans, vendeur ambulant est poursuivi pour incitation au Jihad. Membre actif du mouvement islamique (Adâua wa Tablighe) il a été arrêté dans une gare de voyageurs à Casablanca pendant qu’il incitait trois vendeurs ambulants au jihad. Selon les déclarations des trois individus venus témoigner contre l’accusé, Mohamed El Khodaîri leur avait exprimé son approbation pour les attentats du 16 mai et leur avait en même temps assuré que les kamikazes allaient être accueillis au paradis en tant que martyrs ayant sacrifié leur vie au nom de l’Islam. Des accusations certes gravissimes, mais, elles n’ont pas convaincu les magistrats de la Cour. Mohamed El Khodaîri n’a pas reconnu sa culpabilité et qualifie les déclarations de ses accusateurs de pur mensonge. Mais, la vraie raison qui a eu son impact sur le verdict a été soulevée par la défense de l’accusé qui a présenté un ensemble de certificats médicaux attestant que Mohamed El Khodaîri n’est pas une personne normale. Il est atteint d’une maladie psychique qui le pousse souvent à perdre la raison. Donc, il ne jouit pas de ses qualités mentales et, de ce fait, il n’est pas responsable ni de ses dires ni de ses actes. Après délibération, il a été condamné à six mois de prison ferme. Quant au second procès resté aussi en instance, il implique onze inculpés accusés dans le cadre de la loi antiterroriste en rapport avec l’assassinat d’Albert Rebibo, le citoyen marocain de confession juive tué le 11 septembre dernier à Casablanca. Ce procès implique un ancien agent de la Sûreté nationale qui s’est converti en vendeur ambulant et deux autres agents au service de la sécurité publique jusqu’au jour de leur arrestation. Le premier en l’occurrence Khalid Oudaîb avait quitté les rangs de la police en 1998 pour se convertir en vendeur ambulant. Le pourquoi de sa décision est une démission volontaire basée sur une conviction religieuse qui l’a accompagné depuis qu’il a intégré la mouvance salafiya en 1994.Tenez-vous bien, Khalid Oudaîb estime que l’argent gagné au service de la sécurité publique puisqu’il était un agent de l’intervention rapide ne devait pas lui revenir et que ses enfants ne devaient pas manger de ce pain ! Bref, Khalid Oudaîb, les deux autres agents (Fellouh Omar et Hamid Radi ) et quatre autres accusés (Khalid Hafiane, Mohamed El Hajjari, Saleh Boudaka et Abdelkebir Sikel) sont poursuivis d’association de malfaiteurs dont le dessein est de commettre des attentats terroristes, tenue de réunions non autorisées, incitation au Jihad et non-dénonciation. Ce dernier article d’accusation est d’une importance capitale. Il est le point de liaison avec l’assassinat d’Albert Rebibo. Ils savaient de la date et de l’heure de son élimination. Que ce soient les policiers ou les autres accusés, ils savaient que monsieur Rebibo allait être tué pour célébrer l’anniversaire du 11 septembre. Les quatre autres accusés sont poursuivis d’appartenir à la cellule de la Salafia Jihadia, d’association de malfaiteurs ayant comme objectif de préparer et de commettre des attentats terroristes et tenue de réunions non autorisées par les autorités. De toute façon, tous les accusés dans ce groupe ont été appelés à la barre pour identification et pour les mises en accusation . la prochaine audience est fixée pour le vendredi 21 novembre courant. La même date a été désignée pour la poursuite des débats relatifs au groupe d’Agadir . la parole sera certainement accordée au réquisitoire du procureur général…

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