Les associations font du lobbying

Depuis plusieurs jours, Abderrazak Hannouchi et les membres de la délégation de l’espace associatif qui l’accompagnent investissent les couloirs du parlement. Objectif ? Faire du lobbying auprès des groupes parlementaires de la chambre des Conseillers sur le bureau de laquelle le projet de loi sur les associations trône en bonne place. « Les associations ont évolué dans leurs méthodes de travail. Elles font désormais du plaidoyer au plus près des sphères de décision », souligne A. Hannouchi tout en révélant que «tous les contacts pris jusque-là se sont avérés positifs». L’enjeu est de taille. Il concerne le Dahir du 15 novembre 1958 et plus précisément le volet ayant trait aux associations. Le projet de loi du gouvernement Youssoufi est resté en deçà des attentes du monde associatif qui avait pourtant soumis un mémorandum au Premier ministre et au ministre en charge des Droits de l’Homme. La déception passée, les associatifs se sont rangés en ordre de bataille pour se transformer en force de propositions à la mobilisation presque sans failles. «Toutes nos propositions ont émané d’un cycle de rencontres et de concertation au niveau de la base. Nous avons parcouru le Maroc et touché plus de 2000 associations locales, de quartier, etc. Un comité de suivi composé de 5 associations a été constitué et c’est l’espace associatif qui pilote l’action, explique notre interlocuteur qui regrette le fait que l’exécutif se soit contenté d’une réforme partielle de la loi sur les associations actuellement en vigueur. « C’était pourtant l’occasion rêvée d’ouvrir un grand chantier, de combler des lacunes, de lever des ambiguïtés, de clarifier des concepts », soupire ce bénévole de la cause associative. Les doléances remplissent la besace de la communauté des associations. Entre le fond et la forme, la copie gouvernementale est sinon à revoir du moins à enrichir. «Dans certains articles, il existe des formulations qui laissent la porte ouverte à des interprétations différentes et qui peuvent susciter une mauvaise application de la loi. Exemple, l’expression «les milieux étrangers » qui est aussi vague que floue. Nous avons proposé que le dépôt du dossier ne se fasse qu’auprès du parquet seulement et que l’octroi du statut de l’utilité publique se fasse sur des critères transparents et sur la base d’un cahier de charges et de l’avis d’une instance indépendante », affirme A. Hannouchi. Reste le nerf de la guerre, c’est à dire l’épineuse question du financement des associations. « Si le gouvernement a fait réel un effort en la matière, il a malheureusement complètement occulté l’implication du secteur privé dans le monde associatif ».

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