Les bonnes oeuvres du coeur

L’Institut humanitaire cardio-pédiatrique de Casablanca (ICCP) dresse son bilan. Durant huit mois d’activité, cette structure médicale, créée par l’Association "Les bonnes œuvres du cœur" pour prodiguer des soins médicaux et chirurgicaux gratuitement aux bébés et enfants issus de familles démunies, a réussi à sauver la vie à plus d’une centaine d’enfants souffrant de malformations cardiaques. Par la voix de son président, Saïd Ejjennan, l’ICCP a réalisé 155 interventions chirurgicales dont 125 opérations à cœur ouvert et 30 à cœur fermé. «80 % des malades ont été pris en charge par des mécènes. Les 20 % restants sont des patients bénéficiant d’une couverture médicale», indique Dr. Ejjennan qui a tenu à préciser que «les patients issus des classes moyennes paient une partie des frais de l’opération et le reliquat est versé par l’association, alors que les plus démunis sont pris totalement en charge par l’association en fonction de ses moyens».
Par ailleurs, si certaines anomalies du cœur nécessitent une intervention chirurgicale, d’autres malformations peuvent être corrigées sans recourir à la chirurgie lourde grâce au cathétérisme interventionnel. A l’Institut humanitaire de la mégalopole, 170 personnes ont pu bénéficier de cette technique.
Les patients traités viennent de Marrakech, d’El Jadida, de Mohammedia, de Benslimane et même de Taounate. Au Maroc, les maladies cardio-vasculaires sont très fréquentes.
Sur les 3500 bébés qui naissent chaque année avec une malformation cardiaque, 1000 nécessitent une intervention chirurgicale urgente. Six à huit enfants qui souffrent de malformations cardiaques meurent chaque jour dans le Royaume, faute de moyens financiers et structurels.
Il convient de noter que la majorité de ces patients sont pauvres et ne peuvent s’acquitter des frais induits par le traitement de leurs affections.
Le coût d’une intervention à cœur ouvert dans une clinique privée varie, en moyenne, de 60 000 à 120 000 dirhams, alors qu’une opération à cœur fermé coûte 35 000 dirhams environ.
«Pour soutenir nos mécènes, nous leur offrons un forfait de 40.000 à 60.000 DH pour les opérations à cœur ouvert et 10.000 à 15.000 DH pour les interventions à cœur fermé», précise le président de l’Association des bonnes œuvres du cœur. L’acteur marocain Saïd Naciri compte désormais parmi cette catégorie de donateurs. L’humoriste a, en effet, décidé de verser une partie des recettes de son dernier long-métrage intitulé "Abdou chez les Almohades", qui sera projeté le 20 octobre prochain au Megarama à ladite association.  Une conférence de presse sera organisée le vendredi 15 septembre à l’ICCP pour en faire l’annonce officielle.

Sur-taxe

«Le budget de fonctionnement de l’Institut est composé essentiellement de dons. Sans la générosité des bienfaiteurs, cet établissement n’a aucun autre moyen de subsistance», souligne Dr Ejjennan, qui se déclare indigné par le fait qu’on lui impose de payer la taxe du consommable. "Le montant de cette taxe peut s’élever jusqu’à 50 % du prix du matériel. C’est d’autant plus insensé que l’ICCP est une association à but non lucratif reconnue d’utilité publique.
« Cet argent peut aider à  sauver deux fois plus des vies d’enfants", s’indigne-t-il.

L’ICCP en chiffres

L’ICCP, dont la présidente d’honneur est SAR la Princesse Lalla Meryem, a été inauguré en novembre 2004 par SM le Roi Mohammed VI. Il a commencé à prodiguer des soins à partir de l’an 2005. Edifiée sur une superficie de 1650 mètres carrés, cette structure dispose de deux blocs opératoires, d’une unité d’hémodynamique pédiatrique, deux unités de réanimation chirurgicales (une pour enfant et l’autre pour nouveau-né) et d’une unité de réanimation médicale. Elle dispose également d’une unité cardiologique fœtale, qui permettra le diagnostic des malformations cardiaques des bébés à partir de 20 semaines de grossesse. Sa capacité litière est de 30 lits. La réalisation de ce projet a nécessité un investissement de 35 millions de dirhams.

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