Les cafés et le travail des mineurs

Il y a encore des actes intolérables dans notre société. Le travail de jeunes filles mineures comme serveuses ou femmes de ménage. Au moment où toutes les composantes de la société civile et les pouvoirs publics multiplient les efforts en vue de mettre un terme au travail des enfants, l’on assiste encore à des cas qui interpellent à plus d’un titre. Dans certains cafés « dits de luxe », à Rabat et à Casablanca, ce sont des jeunes filles âgées de moins de seize ans qui servent les clients.
Avec un sourire plein d’innocence, une blouse blanche, ou autre, selon le choix du patron et le plateau à la main, elles circulent entre les tables et tentent, tant bien que mal, de satisfaire les clients. D’autres s’occupent des travaux de cuisine et de nettoyage de l’autre côté du comptoir. L’affaire est fructueuse pour les propriétaires. Ces jeunes filles ne sont pas exigeantes et se contentent généralement du peu offert par l’employeur en contrepartie de leurs services. Cet état de choses interpelle à plus d’un titre.
Samedi dernier dans le quartier d’Agdal à Rabat, la situation a révolté certains clients d’un café où tout le personnel employé est intégralement constitué de jeunes filles, âgées de quatorze ans à vingt-quatre ans au maximum. Dans ce café, une serveuse dont l’âge n’excède pas 15 ans, ayant préféré garder l’anonymat, explique que la pauvreté est la principale cause l’ayant poussées à accepter de travailler dans de telles conditions. Elle habite à Salé avec sa mère et passe presque toute la journée au travail, pour subvenir aux besoins de sa famille, a-t-elle dit, en soulignant qu’elle n’a pas le choix. Il faut dire que l’analphabétisme, l’échec de la scolarisation, la pauvreté et les difficultés familiales conduisent ces jeunes filles entre les mains de certains employeurs sans scrupules. Le gain rapide au détriment du respect des droits de l’Homme.
Cette exploitation économique de l’enfance est perçue comme l’une des atteintes les plus intolérables à l’humanité. Car ce genre de travail exige trop d’elles, fait obstacle à leur éducation, porte atteinte à leur santé, à leur sécurité et à leur moralité. La jeune fille d’aujourd’hui est mère de demain. Elle passe la journée à circuler entre les tables. Chose qui l’expose à plusieurs risques. Si certains clients se sont révoltés contre ce phénomène, force est de constater que d’autres exploitent cette situation pour draguer ces jeunes innocentes.
Le travail des enfants est un problème mondial, notamment dans les pays du tiers-monde. Mais, au Maroc, des efforts considérables ont été déployés en vue de mettre un terme au fléau. Toutefois, certains cas persistent et le comble est qu’ils existent dans les capitales, administratives et économiques, du pays.

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