Les cardiologues adhèrent à l’AMO

Les cardiologues adhèrent à l’AMO

Il était temps, après cinq mois de tension, les cardiologues du secteur privé sont sur le point de signer un accord grâce auquel sera appliquée la tarification dictée par l’entrée en vigueur de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Depuis la semaine dernière, les négociations s’accélèrent au sein de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) qui réunit toutes les parties concernées pour que ce conflit soit enfin résolu. «Tout se passe dans une bonne ambiance et nous sommes sur la voie du compromis», déclare à ALM l’un des cardiologues qui ont participé aux négociations. Selon cette source, qui a tenu à garder l’anonymat, la tarification proposée par les cardiologues dans les cliniques privées a été modifiée de façon à ce que les deux parties soient satisfaites.
«On a comparé les tarifs proposés d’un côté et de l’autre et nous nous sommes accordés sur la moyenne», explique ce cardiologue. La logique a eu raison : il faut dire que les cliniques privées de cardiologie comptent au moins 50% de patients mutualistes et leur refus de se soumettre à la tarification risque de leur porter préjudice. On leur a donc demandé de revoir la tarification et de la diminuer au maximum. «Nous avons consenti un effort considérable pour pouvoir nous plier à cette exigence», explique le directeur d’une clinique à Rabat. Et il n’y a pas que cela, puisque la CNOPS (Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale), gestionnaire de l’assurance maladie obligatoire, a joué le jeu également dans cette affaire pour désamorcer au plus vite la crise. «La CNOPS nous a clairement promis de faire un effort au point de vue remboursement. Au lieu de nous faire attendre parfois plus de six mois, elle compte le faire dans les trois mois qui suivent l’intervention médicale au sein de nos cliniques , annonce, satisfait, ce cardiologue négociateur.
La CNOPS s’est attelée, durant ces derniers mois, à arriver à des compromis avec les différentes parties du secteur privé, sous l’égide de l’ANAM. Il ne restait plus qu’à trouver un terrain d’entente avec «certains cardiologues» opposés à la tarification sous prétexte du coût de l’acte médical, mais aussi des charges qui pèsent sur les cliniques. D’ailleurs, c’est cette argument-là qu’évoquaient ces cardiologues pour légitimer leur grogne. Alors que la CNOPS estimait que la tarification est basée «sur la maîtrise des actes médicaux», ces spécialistes soulignaient le fait que le coût de la maintenance des appareils cardiologiques n’était pas pris en compte et que la baisse des tarifs portera atteinte à la qualité du service rendu. Ce stade du conflit est à présent de l’ancienne histoire et la CNOPS se montre très satisfaite du résultat des négociations en soulignant qu’un accord est imminent.  Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), participant également aux négociations, semble avoir joué en faveur de l’accélération du processus : évaluer ce que les médecins et ce l’ANAM peuvent supporter, chacun de son côté, en matière de tarification.  En somme, il ne reste plus qu’à sceller ce compromis en le mettant noir sur blanc. Cela a certainement été facilité par le fait que les tarifs qui auront fait l’objet de l’accord ne sont pas immuables, c’est-à-dire, fixés pour toujours. Ils pourront être renégociés chaque année.
 

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