Les Chabiba s’allient

Depuis quelque temps, la scène des organisations de jeunesse des partis bouillonne. Les secrétaires généraux de la Chabiba Ittihadia (USFP), de la jeunesse istiqlalienne (PI), de la jeunesse socialiste (PPS), de la jeunesse démocratique (OADP) et de la jeunesse avant-gardiste (PADS), multiplient les rencontres. Depuis quelque temps aussi, les jeunes dirigeants de ces organisations ont dépassé le stade du contact bilatéral avec la jeunesse de l’association Al Adl Wal Ihssane, pour celui beaucoup plus concret du multilatéral. La dernière réunion en date, tenue le 24 décembre, a même permis de franchir le cap psychologique du communiqué commun, qui devrait être publié dans les prochains jours. Mûes par un même sentiment d’échec de leurs aînés, les organisations de jeunesse de la plupart des partis politiques entendent attraper le taureau par les cornes. Ce que les directions des partis n’ont pas pu accomplir pendant des mois et des mois de concertations tous azimuts, les jeunes entendent le réaliser avec fougue. Le rêve d’une supra-organisation regroupant tous les courants politiques majeurs de la gauche, n’a jamais été si proche. L’entreprise est loin d’être aisée. Les tentatives de rapprochement ne datent pas d’aujourd’hui. Bien des fois, les jeunes ont dû mettre un bémol à leur fougue, témpérés par des directions de parti qui, quoiqu’on dise, gardent toujours une partie des rênes en main. Une fois ce fut la jeunesse istiqlalienne qui dut décélérer, pour composer avec l’ire de son parti. Une autre, ce fut au tour de la Chabiba Ittihadia d’observer un temps d’arrêt pour voir plus clair dans l’enchevêtrement des tendances mises à jour par la dernière scission de l’USFP. Une illustration en est le report de quelques semaines, officiellement pour des raisons techniques, de la rencontre de la Chabiba Ittihadia, prévue pour les 29 et 30 décembre courant. Cependant, le même sentiment de frustration par rapport à l’action des parti-mère, la même appréciation négative de la situation du pays dans des volets comme les conditions de vie des jeunes ou les droits de l’Homme, agit comme un aimant. Les jeunes des différentes formations politiques sont inexorablement portés les uns vers les autres. Les soucis sont à peu de choses près les mêmes, les perspectives et les rêves aussi. Ils se concrétisent dans une unique conviction. C’est le dialogue, jugé comme étant la carence principale de la coalition actuellement au pouvoir, à qui permettra d’aller au bout de la solution des problèmes. « Un dialogue qu’il s’agit d’ériger en culture », martèle Omar Aharchane, secrétaire général du secteur de la jeunesse d’Al Adl Wal Ihssane, nouveau venu dans cette coalition en gestation. Les secrétaires généraux des organisations de jeunesse des partis politiques semblent être venus chercher auprès de lui ce consensus de fond qui manque à la gestion actuelle des choses au pays. C’est chose pratiquement acquise. Pour les organisations de jeunesse de l’USFP, du PI, du PPS et de l’OADP, les sons de cloche ont été depuis longtemps synchronisés. La jeunesse du PADS, qui fait ses premiers pas dans ce nouveau pôle, ne devrait pas poser de problème. Dans ces conditions, le stade du dialogue, que l’on entend « transcender pour celui de concertation » avec la jeunesse islamiste, fort active et dont certaines figures, Nadia Yassine en tête, ne souffrent d’aucune carence médiatique, ne pourrait que peser d’un poids significatif. Du coup, le rêve de la super organisation regroupant les jeunesses des grands courants de gauche, a toutes les chances de se réaliser. Peut-être même sous forme d’un pôle de l’opposition unifiée. De jeunes, cette fois-ci.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *