Les citadins vivent plus longtemps que les ruraux

Les citadins vivent plus longtemps que les ruraux

L’allongement de l’espérance de vie moyenne à 77 ans que le Haut Commissaire au Plan avait annoncé, il y a quelques mois au milieu du scepticisme général, n’était qu’un avant-goût de ce que mentionne la nouvelle table de mortalité 2009-2010. Deuxième du genre jamais réalisée au Maroc, elle établit également que les femmes vivent plus longtemps que les hommes et que la mortalité des enfants est en nette régression. Entre juin 2009 et juin 2010, le taux brut de mortalité s’élève à 5,7 décès pour mille individus, note le document et il explique que sur dix mille individus, 57 sont décédés durant l’année de l’enquête contre 74 décès en 1987. En 22 ans, la progression du gain de vie est de 22%. Cependant, ce taux n’est pas uniforme et les disparités entre les hommes et les femmes ainsi qu’entre la ville et la campagne sont patentes. Les techniciens du HCP relèvent que ce taux de mortalité est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (7,4 contre 4,7 décès pour mille) et parmi les hommes que parmi les femmes (6,5 contre 5,1 pour mille). Les choses se présentent mieux sur le plan des indicateurs de mortalité de la population en bas âge qui ont enregistré une baisse significative. C’est ainsi que les quotients de mortalité infantile (moins d’un an), de mortalité juvénile (1-4 ans) et de mortalité infanto-juvénile (0-5 ans) se sont situés, durant l’année de l’enquête, à 30,2‰, 6,3‰ et 36,2‰ respectivement contre 75,7‰, 30,7‰ et 104,1‰ en 1987. En clair, disent les techniciens du HCP, près de quatre nouveau-nés sur cent n’atteignent pas leur 5ème année contre près de dix auparavant. Le document fait remarquer que la mortalité masculine est souvent supérieure à la mortalité féminine. Pour les enfants de moins de cinq ans, le quotient de mortalité des garçons est de 18% supérieur à celui des filles. Tout aussi graves sont les disparités entre la ville et la campagne où par effet de facteurs liés au milieu de résidence, la mortalité rurale est plus forte que la mortalité urbaine quel que soit l’âge. Exemple: Pour les moins de cinq ans, le quotient de mortalité qui est de 31 pour mille en milieu urbain est de 42 pour mille en milieu rural, soit une surmortalité de 35%. Cette surmortalité rurale s’élève à 39% pour les enfants de moins d’un an et à 19% pour ceux âgés de 1 à 4 ans. Remarque : Le déséquilibre en matière de mortalité des ruraux par rapport aux citadins et des hommes par rapport aux femmes concerne tous les âges de 0 à 95 ans. Il a, en outre, des répercussions notables sur la table de l’espérance de vie. Partant du fait que les femmes vivent en moyenne trois ans de plus que les hommes, le HCP en conclut que l’espérance de vie des femmes est de 76 ans contre 73 pour les hommes. Comme la surmortalité rurale fait apparaître que les citadins vivent en moyenne cinq ans de plus que les ruraux, l’espérance de vie en milieu urbain est de 77 ans contre 72 en milieu rural. Et puisque cette espérance de vie était respectivement de 70 et 62 ans en 1986-87, le gain en vie est de plus de 8 ans.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *