Les conseillers traînent le pas

L’augmentation des indemnités des députés n’est pas expressément mentionnée dans la loi de Finances pour l’année 2004. Mais, une pression manifeste s’est dégagée lors des débats de la Commission des Finances qui ont eu lieu au niveau de la première Chambre. Sans qu’elle soit évoquée directement, l’augmentation est impliquée dans certaines revendications, notamment en ce qui concerne l’accroissement du nombre de commissions, avec tout ce que cela suppose en termes d’enveloppes budgétaires. Car, la hausse du nombre de Commissions entraine, entre autres, des frais supplémentaires pour leurs présidents et une réponse satisfaisante pour certains élus sans responsabilité. Sachant que chacun de ces postes est rémunéré mensuellement d’environ 7000 dirhams, et ce sans compter les autres avantages, comme la voiture et les indemnités pour les voyages (de l’ordre de 5000 dh/j). Or, hormis cet aspect «corporatiste», les discussions relatives à la nouvelle loi de Finances n’ont connu aucune surprise au sein de la Commission des Finances. Le Groupe de la Justice et du développement voulait monter au créneau, en refusant une baisse des taxes imposées sur les prix des cigares et en se dressant contre toute augmentation des tarifs de consommation ménagère d’électricité. Dans le même ordre d’idées, il a appelé les autres groupes à l’adoption d’une loi définissant le seuil maximal des allocations de retraite à 10.000 dirhams. Mais, ces propositions n’ont pas eu d’échos et ont été taxées de populistes par bon nombre de députés, dans la mesure où elles ne touchent guère le fond des problèmes. Or, l’une des caractéristiques majeures de la nouvelle loi, c’est de s’inscrire dans une optique de continuité qui ne se remet nullement en cause et ne tient pas compte de la gravité des déficits économiques et sociaux grandissants, notamment en ce qui concerne les questions de l’emploi et de l’investissement. En voulant maintenir le cap du déficit budgétaire à 3% du PIB, l’argentier du Royaume prend en otages les acteurs contestataires du monde économique qui ne cessent de réclamer des exonérations d’impôt. Par ailleurs, aucune nouveauté n’a été observée ni au niveau de la lutte contre le chômage, ni à celui de certaines indemnités et augmentations contenues dans les accords du 30 avril dernier, conclu dans le cadre du dialogue social. Cela dit, pour ce qui est de la deuxième Chambre du Parlement, force est de constater qu’après un mois des dernières échéances électorales, les conseillers n’arrivent pas encore à entamer leur travail. D’ailleurs, ce n’est que lundi dernier qu’ils ont pu élire les présidents des commissions et des groupes, alors que, certains députés sont encore à la recherche d’une appartenance partisane. Ainsi, dans ce contexte de mollesse, les représentants de la Nation doivent se prononcer au cours de l’actuelle session parlementaire sur au moins trois dossiers importants. Outre le budget de l’Etat, ils doivent débattre des projets de la loi sur les partis et du Code de la famille. Ces deux derniers projets sont déterminants pour l’avenir du pays, la modernisation de son champ politique et la levée des injustices qui bloquent son développement. Mais, tout porte à croire que les préoccupations de certains députés ne se situent guère au niveau de cette dynamique.

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