Les conventions de Bassima Hakkaoui ne font pas l unanimité

Les conventions de Bassima Hakkaoui ne font pas l unanimité

Oui pour le principe et le soutien, non pour l’engagement et le passage à l’acte. Aussi curieuse qu’elle puisse paraître, c’est cette réponse qui a été fournie par le ministre des habous et des affaires islamiques à son homologue Bassima Hakkaoui. La ministre qui a présidé samedi à Rabat la cérémonie de signature de deux conventions de partenariat pour le lancement du programme de sensibilisation intégré aux méfaits de la violence, de la discrimination contre les femmes, n’a pas reçu pleine satisfaction de ses efforts. Seul le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, et celui de la culture ont signé. Le ministre de l’éducation nationale n’a pas fait le déplacement, ce qui a fait dire aux organisateurs que ce n’était que partie remise. Pourtant la question de ce programme interministériel de  sensibilisation est un point nodal de la stratégie gouvernementale de lutte contre les discriminations faites aux femmes. Tout en laissant entendre qu’il souscrivait au projet plus «par conviction intime d’homme nourri au référentiel islamique» que par solidarité gouvernementale, Ahmed Taoufiq a cependant considéré que signer la convention équivaudrait à considérer que le respect des droits de la femme date d’aujourd’hui au Maroc. Le Roi a célébré la prière du vendredi dans une mosquée construite par une femme il y a 12 siècles ; la ville de Marrakech a été créée par la volonté d’une femme, Zineb Nefzaouia : le rôle des femmes a toujours été éminent au Maroc. Il a également jugé que les mesures à prendre pour renforcer les droits des Marocaines se doivent de puiser du référenciel islamique avant de prétendre à la conformité avec les pratiques internationales.
Pour autant, ces déclarations n’ont pas déteint sur l’ambiance générale de la cérémonie qui s’est poursuivie par la signature de conventions avec le ministère de la communication et celui de la culture. Bassima Hakkaoui le dira dans son mot de présentation: pour traduire dans les faits les dispositions de la Constitution –les articles 19 et 164, notamment– il faut travailler les mentalités, a laissé entendre la ministre. Dans le court terme, ce travail se fait en partenariat avec la communication qui sensibilise au jour le jour sur les dangers économiques, sociaux et culturels que représentent la discrimination et la violence faites aux femmes. Dans le long terme, c’est la culture qui est – à part égale avec l’éducation- appelée à la rescousse. Mohamed Amine Sbihi s’est déclaré avoir une conscience aiguë du rôle dévolu à son département. Jugeant cette action de sensibilisation de déterminante, il n’en a pas exclu le prêche par l’exemple. Il a en effet déclaré que la présence de la femme était faible dans les rouages de son administration : seulement 38% de femmes dans l’effectif total, 1 responsable régional sur 16 ; 8 chefs de service sur 67. Une situation qu’il a qualifiée de manquements.
Ce qui n’a pas manqué de rappeler Bassima Hakkaoui au devoir d’allouer une rallonge aux propositions pour la Haute instance de la parité : au lieu du 8, ce sera le 18 mars.

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