Les crèches privées sous contrôle

Le projet de loi sur le règlement des crèches privées au Maroc a été examiné et adopté au Conseil de gouvernement, jeudi. Ce texte, parrainé par le secrétariat d’Etat chargé de la Jeunesse, veut organiser le préscolaire privé en le soumettant à des conditions claires et précises régissant la création de la structure et son exploitation. Une nécessité qui s’impose face à cet engouement que suscitent les crèches privées en tant que projets d’investissement et en tant que structures de plus en indispensables pour les parents. Mise à part l’obligation d’une autorisation délivrée par l’administration, il est à  retenir que ce projet de loi définit les conditions et modalités d’exploitation d’une crèche privée. La préservation de la santé et de l’hygiène de l’enfant en fait partie puisque ce texte de loi insiste sur l’assurance contre tous risques d’accidents et la présence obligatoire d’un médecin, pédiatre ou généraliste. Le rôle de ce dernier concerne le suivi de l’état d’hygiène de la crèche et celui de la santé des enfants. L’accès des parents ou des tuteurs à la crèche doit être permanent afin de leur permettre de voir leur enfant à toute heure. 
Autre priorité dans ce projet de loi: les attributions du personnel et la soumission des crèches privées au contrôle pédagogique, administratif et sanitaire. A la nécessité de remplir les conditions de qualification pédagogique et d’expérience en matière d’éducation, le personnel ne doit pas avoir fait l’objet d’une condamnation pour crime ou délit contraire à la probité ou portant atteinte à la moralité publique ou aux mineurs. «C’est une norme de sécurité indispensable en raison des scandales de pédophilie qui ont terni, ces dernières années, l’image des crèches privées», estime Mouna Abou Finass, spécialiste en politique éducative au Maroc et professeur de communication à la Faculté de Ben Msik à Casablanca.
Pour que les crèches privées remplissent leur fonction, il faut qu’il ait un personnel qualifié sur le plan professionnel comme l’a indiqué ce texte de loi. Mais, sur le terrain, ce personnel est, en majorité, non formé en matière d’éducation des enfants dans le préscolaire. «L’éducatrice joue à la fois le rôle de la nourrice, de l’enseignante, de l’encadrante… Le Maroc ne dispose pas de ce personnel qualifié qui, en majorité, apprend son métier sur le tas. Il ne faut pas oublier que, pour nous, la culture des crèches privées est assez nouvelle. Et en raison de cela, nous ne disposons pas d’un modèle d’éducation spécifique, nous en importons notamment de la France», explique cette spécialiste.
Voilà pourquoi le contrôle prévu par le projet de loi représente un grand intérêt pour la bonne marche des crèches privées. On y souligne l’objectif de veiller à l’application des programmes d’éducation, à l’inspection de l’encadrement pédagogique et à la vérification de la bonne gestion des équipements éducatifs. Le contrôle sanitaire doit, pour sa part, vérifier le respect de la santé et de l’hygiène des enfants mais aussi des employés de l’établissement. «Le contrôle est très important, mais si l’Etat n’y arrive pas dans le secteur public, comment y parviendra-t-il dans les crèches privées ?», se demande ce professeur. Et d’ajouter que l’Etat ne dispose pas non plus de moyens suffisants pour remplir cette mission de contrôle. Toutefois, le projet de texte de loi prévoit des sanctions à l’encontre d’infractions constatées dans ces établissements. En cas, par exemple, d’emploi d’un éducateur ne remplissant pas les conditions nécessaires, le directeur est puni d’une amende de 2500DH à 25.000 DH.
Les crèches privées, nées avant la publication de cette loi, en sont concernées. Elles auront trois années à compter de la date de son entrée en vigueur pour régulariser leur situation.

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