Les crimes du Polisario dénoncés à l’ONU

Les crimes du Polisario dénoncés à l’ONU

Le rapport d’une commission d’enquête indépendante sur les crimes du Polisario a été remis, jeudi dernier, à la commission des politiques spéciales et de la décolonisation de l’ONU. Ce rapport est la somme d’un travail de terrain mené entre juillet et septembre 2006 au Maroc (Rabat et Laâyoune) et en Espagne par une équipe dirigée par le député belge Denis Ducarme (Mouvement réformateur) et Pierre Legros, ex-bâtonnier de Bruxelles et fondateur d’"Avocats sans frontières".  Les membres de cette commission d’enquête ont axé leur travail sur les violations des droits de l’Homme perpétrées depuis plusieurs décennies contre les populations des camps de Tindouf sous le regard, et avec la complicité, du pouvoir algérien. Ce rapport s’intéresse notamment aux arrestations arbitraires et parfois motivées par d’imaginaires prétextes. En effet, plusieurs témoins cités dans ce rapport d’une trentaine de pages, affirment avoir été incarcérés et torturés pendant des années après avoir été accusés d’être des "agents marocains", voire des "agents français ou espagnols".
Pour étayer ses conclusions, le rapport cite les quatre plus grandes vagues de répression qui se sont abattues sur les camps en 1974, 1978 et 1982 avec, toutefois, un focus sur les derniers événements survenus dans les  camps après l’arrestation d’un membre de la tribu des Ayaycha.
Il révèle que la torture était quasi systématique et qu’elle était exercée à tous les niveaux et ce en sus des exécutions sommaires. C’est ce que rapportent des témoignages recueillis notamment auprès de personnes qui ont réussi à quitter les camps récemment et dont certains ont rallié le Maroc juste après les événements du 31 mai et du 1er juin 2006.
Les témoins ont évoqué également la terrible prison de "Errachid" avec ses geôles appelées "tombes" que les prisonniers ne quittaient que pour effectuer des travaux forcés qui commençaient à 7 heures et ne prenaient fin qu’en début de soirée.
Cette commission d’enquête affirme travailler toujours sur une liste de 35 tortionnaires cités par les témoins et qui occupent aujourd’hui des postes de responsabilité aussi bien en Europe (Espagne, Portugal et Italie) qu’en Amérique Latine (Argentine notamment).
Un autre chapitre de ce rapport est dédié au "système éducatif" du Polisario qui s’apparente plutôt à une formation au maniement des armes et à la haine du Maroc. Un témoin, entendu par la commission d’enquête, affirme avoir enseigné au camp d’El Aayun où les enfants «dès l’âge de 13-14 ans suivaient un entraînement militaire qui se déroulait en uniforme et avec des armes réelles». Les enfants des camps sont d’ailleurs toujours déportés vers Cuba. Pour 2006 seulement, 200 d’entre eux ont été séparés de leurs familles pour aller "parfaire leur éducation" à Cuba, note ce rapport.
La commission qui a mené cette enquête demande l’établissement de critères plus précis pour définir les besoins réels des populations de Tindouf et, surtout, des moyens de contrôle du sort de l’aide qui leur est, en principe, destinée.
Ce rapport est accompagné de douze témoignages plus détaillés d’anciens responsables du Polisario, d’ex-prisonniers et de victimes qui portent toujours les traces indélébiles de la torture qu’ils ont subie dans les geôles de Mohamed Abdelaziz.


Le Royaume rejette le rapport du HCDH


«Le Maroc n’acquiesce pas à la teneur du rapport du Haut commissariat aux droits de l’Homme (HCDH) sur la mission régionale au Royaume, en Algérie et dans les camps de Tindouf, à cause de sa partialité et sa démarche ouvertement complaisante à l’égard des autres parties, en l’occurrence l’Algérie et le polisario», a affirmé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. Dans une lettre adressée à Louise Arbour, Haut Commissaire aux droits de l’Homme, M. Benaissa souligne que «le gouvernement du Royaume du Maroc n’acquiesce ni à la teneur, foncièrement partiale de ce rapport ni à sa démarche ouvertement complaisante à l’égard des autres parties, ni à ses recommandations foncièrement politiques et en déphasage total avec le déroulement de cette mission». Dans cette lettre, le ministre indique que le Maroc a pris connaissance avec un grand étonnement du rapport du Haut Commissariat aux droits de l’Homme sur la mission régionale au Maroc, dans les camps de Tindouf et en Algérie.


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