Les défilés de la routine

Dans une première au Maroc, des banderoles rouges, d’autres portant le portrait de Che Guevara ou des emblèmes de l’Ex-URSS, ont été hissés dans les différents défilés des syndicats. Signe d’un retour du gauchisme ( en tant que maladie infantile du communisme), mais surtout de l’ouverture de l’Etat sur les différentes sensibilités politiques, y compris celle n’ayant aucune chance de survivre sur le sol marocain.
Dans les rangs de la CDT, la première force syndicale, selon les dernières élections des délégués du personnel et des membres des Commissions paritaires, l’on apprend que les Islamistes d’Al Adl Wal Ihssan ( conduits par Cheikh Abdessalem Yassine) avaient saisi le Bureau exécutif de ladite centrale d’une demande de participation à ses défilés, mais ce dernier a jugé préférable de ne pas donner suite à cette missive.
Cela dit, il n’en demeure pas moins important de souligner que contrairement aux années précédentes, les défilés de la fête du travail se sont distingués ce 1er mai par un manque d’enthousiasme chez les travailleurs.
Lors du défilé de l’UMT à Casablanca, il a été constaté que l’état de santé de Mehjoub Benseddik ne lui permettait plus de tenir un long discours, comme il le faisait dans le passé. Cette situation préoccupe bon nombre de syndicalistes de cette centrale et pose avec insistance la question de la succession du secrétaire général.
En revanche, au niveau de l’UGTM ( union générale des travailleurs du Maroc), Abderrazzak Afilal, à la fois secrétaire générale de cette centrale et membre du Comité exécutif du Parti de l’Istiqlal, a tenu faire la distinction entre l’action de son « camarade » Abbas El fassi, ministre de l’emploi, mais surtout secrétaire général du PI, et le travail global du gouvernement.
Abbas El Fassi, nous apprend l’UGTM fournit un effort énorme pour trouver des solutions au problème du chômage. Mais cet effort se heurte au blocage imposé par la Primature et le ministère des Finances. Deux postes qui relèvent de la responsabilité de l’USFP.
Enfin, dans les rangs de la Confédération démocratique du travail, une centrale qui a brillé ces derniers temps par ses secousses internes, le relâchement était de mise.
Dans son discours, le secrétaire général de cette centrale, Noubir Amaoui, a tenu à souligner que la classe ouvrière célèbre cette année la fête du travail dans une conjoncture nationale marquée par l’accumulation des attentes sociales, la stagnation économique et des pratiques politiques qui ne répondent pas aux aspirations du peuple marocain.
L’économie nationale, a-t-il indiqué, souffre de la domination de l’économie de rente et du favoritisme. ce qui constitue un handicap structurel devant la mise à niveau de l’économie nationale pour descendre dans l’arène de la concurrence mondiale, l’émergence d’une entreprise nationale, basée sur le partenariat et la répartition de la plus-value, et la coopération du capital et du travail. A cela s’ajoute, à son avis, la recrudescence du phénomène du chômage, dans un contexte caractérisé par des licenciements et la fermeture illicite des usines, Abordant le volet politique, M. Amaoui a souligné que le Maroc n’a pas connu un élan qualitatif qui conduira à la réalisation d’une démocratie réelle, permettant aux citoyens de participer pleinement à la prise de décisions et au contrôle de leur mise en oeuvre, tout en demandant des comptes aux responsables via des institutions démocratiquement et librement élues.
Au sujet de l’évolution de la cause nationale, il a indiqué que sa centrale avait participé à ce processus avec responsabilité tout en tenant compte des contraintes conjoncturelles, annonçant à cet égard que la semaine prochaine connaîtra la réunion des instances de la CDT pour adresser un mémorandum au gouvernement, lui demandant d’appliquer les mécanismes du dialogue.

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