« Les députés ne sont pas encadrés »

ALM : Comment avez-vous vécu en tant que député de la majorité cette session parlementaire qui touche à sa fin?
Brahim Zerkdi : Il convient de rappeler que le Parlement actuel est issu d’élections reconnues pour la première fois comme étant libres et transparentes.
Ensuite, ce Parlement est marqué par une présence importante de femmes. Par ailleurs, les députés doivent, à mon avis s’inspirer du discours d’ouverture de S.M le Roi qui s’apparente à un véritable programme d’action. Autre aspect important, la décision royale de ramener l’âge de vote à 18 ans, ne manquera pas d’insuffler une nouvelle dynamique à la vie politique nationale.
Quel bilan faites-vous de cette session ?
Il a fallu plus d’un mois pour que le gouvernement Jettou soit formé. Une dizaine de jours étaient ensuite nécessaires pour discuter et faire voter le programme gouvernemental. Par conséquent, les députés, faute de temps, n’ont pu étudier que le budget, laissant le code de travail, un dossier pourtant primordial, à la session suivante. Personnellement, je trouve que le bilan parlementaire, durant cette session, est modeste.
Pourquoi ?
Parce que le député au Maroc est dépourvu de moyens à même de lui permettre de s’acquitter convenablement de sa mission. Comparé aux députés d’autres pays, il est vraiment à plaindre. Un parlementaire français dispose de trois assistants, un pour sa circonscription pour le contact avec les électeurs, un deuxième au Parlement pour le suivi des travaux de la commission et la préparation des discours et des interventions et l’autre pour le fonctionnement du secrétariat. Notre groupe parlementaire, qui compte 51 députés, dispose de 6 assistants seulement. Insignifiant par rapport au travail que nous sommes censés fournir. Aussi, le sous-encadrement des élus de la nation empêche-t-il objectivement l’assemblée de produire des textes de qualité. Celle-ci s’en trouve ainsi réduite à une simple Chambre d’enregistrement.
Autre condition pour rehausser le niveau du Parlement, c’est la présence permanente et effective, comme c’est le cas en France ou en Angleterre, de l’ensemble des ministres et, à leur tête, le premier d’entre eux lors de la séance des questions orales.
Mais le Maroc n’est pas la France ni l’Angletterre…
En effet, mais nous avons obligation de tendre vers le mieux si on veut améliorer le fonctionnement de l’institution parlementaire, et partant de notre démocratie.

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