Les dernières armes de l’anarcho-syndicalisme

Au vu de son timing l’on peut se demander à quel point en une journée d’été, à la veille des vacances pour bon nombre de salariés, la grève à laquelle a appelée la Confédération démocratique du travail ( CDT), pourrait susciter la mobilisation ou du moins l’intérêt des travailleurs et de l’opinion publique.
Contrairement à celles qui l’ont précédée, notamment celles du 20 juin 1981 et du 14 décembre 1990, la grève générale du 28 juin 2002, comme d’ailleurs celle du 5 du même mois, n’a suscité aucun intérêt de la part des hommes politiques et des formations partisanes les plus en vue. Au contraire, ces deux mouvements ont été fortement critiqués. Car, tout en s’inscrivant dans une pure optique politicienne visant, en premier lieu, le parti du Premier ministre Abderrahman Youssoufi, elles avaient pour objectif manifeste de nuire au gouvernement et de lui perturber la vue. Bien entendu, devant l’échec de la dernière grève du 5 juin, le Bureau exécutif de la CDT a jugé opportun, pour hausser le ton, de renforcer l’appel au débrayage, par un autre appelant à l’observation d’une marche de protestation.
Une manière d’élever au maximum le rythme de la tension, surtout au vu de la solitude de la direction syndicale. A la lumière des conflits intestinaux qui minent la Centrale de M. Amaoui, et au vu de l’absence de soutien affiché par les autres centrales syndicales, et en raison du peu d’intérêt que lui accordent les partis politiques et les pouvoirs publics, l’on peut déduire que le débrayage de ce 28 juin, sera, une fois encore, un simple coup d’épée dans l’eau, en termes de répercussions sur le plan social. Mais, sur le plan politique, il participera largement à la banalisation de l’action syndicale et précipitera probablement la mort politique du Bureau exécutif de la CDT et des formations partisanes qui le soutiennent, dont en premier lieu, le congrès national ittihadi.

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