Les élèves victimes d’une fausse hypothèse

Les élèves victimes d’une fausse hypothèse

Les élèves de la neuvième année de l’enseignement secondaire ne s’attendaient pas à une telle mauvaise surprise. Après avoir vaincu le stress et le trac et attaqué les premiers exercices de l’épreuve de mathématiques, ils se retrouvent tout à coup, bloqués devant l’énoncé du cinquième exercice. Dans l’exercice on proposait aux élèves candidats aux examens normalisés de l’Académie régionale de Casablanca de résoudre une série d’équations sur la base d’hypothèses erronées. Les hypothèses posées au début pour la première question ne donnaient pas les résultats que les élèves devaient trouver en fin de l’exercice. Car explique un professeur de mathématiques de 9ème année, «toutes les questions de cet exercice étaient enchaînées. Il y a eu effectivement une erreur flagrante dans les énoncés de l’examen», souligne un autre professeur. Les premiers à s’en rendre compte ont alerté les surveillants, qui ont à leur tour fait part du problème aux professeurs de la matière. La machine a été lancée et les inspecteurs et les responsables de l’Académie ont été alertés. Mais cela a pris du temps, et les élèves ne savaient toujours quoi faire.
Selon des professeurs affectés à la surveillance, la plupart des élèves ont commencé à perdre espoir et ont fini par déposer leurs stylos. Entre temps, la machine administrative tente de trouver une issue. Selon des sources du centre d’examen de l’Académie, il a été décidé de reconnaître l’erreur et de communiquer aux candidats les nouvelles données de l’exercice. Seulement c’était trop tard pour beaucoup de candidats à l’examen. Ceux qui se trouvent aux centres d’examens les plus proches ont pu rectifier l’épreuve et reprendre, à temps, l’examen sur la base de nouvelles données. Dans d’autres centres, les rectifications ont commencé à arriver vers 9h00-9h30, explique un professeur. Dans les centres qui se trouvent dans des zones éloignées, au moment où les nouvelles données ont été communiquées, il ne restait plus que 30 minutes avant la fin du temps réglementaire, 15 minutes dans certaines zones comme à Mohammédia. Et les élèves étaient trop abattus pour reprendre l’épreuve et se sont déjà résignés à perdre les 4 points de l’exercice.  Un mouvement de protestation s’est enclenché au sein des centres d’examens et à leurs abords. Les élèves et leurs professeurs ont commencé à réclamer une solution au problème. Les responsables tentent d’apaiser la situation. Selon des sources d’un centre d’examen de Casablanca, une des solution les plus plausibles aurait été de répartir les quatre points de l’exercice sur les autres parties de l’épreuve. Seulement, nous explique-t-on, les élèves qui ont pu avoir les nouvelles données à temps et pu résoudre l’exercice se retrouveraient lésés si l’exercice en question avait été annulé. La commission qui s’est penchée sur la question au sein de l’inspection régionale a finalement opté pour une solution médiane. Elle s’est résolue à instaurer deux barèmes différents, l’un pour ceux qui ont peur de résoudre l’exercice et l’autre pour le reste des élèves. Ce qui n’évite pas pour autant des critiques virulentes aux responsables qui ont été derrière de cette situation. En effet, affirme un autre professeur de mathématiques de 9ème année, «l’épreuve a été élaborée par des inspecteurs de deuxième cycle qui ne sont pas forcément au fait de la réalité des niveaux inférieurs». C’est pour cela confie-t-il que «les notes sont catastrophiques, sur 100 copies, la première note ne dépasse pas 12 sur 20».

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