Les enfants de la pub

Agés d’un à quatorze ans, les enfants sont très sollicités par les agences de casting pour faire une prise de photo ou une apparition dans un spot publicitaire.
On les retrouve partout dans les différents supports médias : télévision, affichages, dépliants, presse écrite, magazine et même Internet. Ils sont devenus de véritables vendeurs de marque de produits. Parfois, ce sont les parents qui font appel aux agences de casting et y inscrivent très tôt leurs petits bambins. « En vérité, il y a deux cas de figures concernant la sélection des enfants pour une publicité. Soit ce sont les parents, désirant mettre en valeur leurs enfants, nous contactent pour les inscrire. Soit c’est l’agence qui les appelle pour une telle campagne de publicité», explique Florence, directrice de Florence casting. Beaucoup d’appelés et peu d’élus, quelques uns uniquement finissent par faire des photos ou tourner des spots de publicité. Certes, les agences ne choisissent pas uniquement les enfants aux yeux verts ou bleus. Tous les enfants, ayant un beau visage ont leur chance. Cependant, ceux qui sont éveillés, confiants et joueurs sont les plus sollicités. Les timides, incapables de s’exprimer aisément devant la caméra, sont en revanche éliminés de la liste.
Dès leurs premières années, les enfants se voient déjà sous les projecteurs. Outre les pubs des produits destinés aux enfants, ils apparaissent également dans les publicités d’autres produits. Certaines marques ne vendent pas que leurs produits, elles vendent aussi des valeurs comme la beauté, la jeunesse, la transparence ou l’intelligence.
Par exemple, les enfants qui apparaissent dans les publicités des banques et des assurances incarnent le symbole de la famille. Après sélection, un contrat sera conclu entre la maison de production et les parents.
L’agence de casting ne joue qu’un rôle intermédiaire entre les deux parties. Concernant les tarifs des prestations des enfants, ils varient d’une agence à l’autre. « En règle générale, l’enfant touche toujours la moitié du revenu d’un adulte. Si un adulte reçoit 5.000 DH, l’enfant, lui, en revanche aura 2.500 DH. Par ailleurs, le salaire est calculé en se basant sur la durée du travail, le support média utilisé et du produit qui fait l’objet de la publicité », indique Florence. Ainsi, le cachet de l’enfant peut varier de 1.000 à 15.000 DH. Pour une photo-presse, il peut toucher de 1.000 à 3.000 DH, alors que pour un affichage, il peut recevoir de 2000 à 5.000 Dh. Pour deux journées de tournage, il peut gagner jusqu’à 6.000 DH.
Par ailleurs, ce travail «occasionnel» des enfants n’est pas réglementé au Maroc. Actuellement, aucune loi n’encadre ce genre d’activité. Ce vide législatif cause un certain malaise dans le milieu. « Certaines maisons de production étrangères profitent de ce vide juridique et font le déplacement jusqu’au Royaume pour faire enregistrer leurs films publicitaires. Les enfants peuvent travailler jusqu’à une heure tardive et même pendant les jours d’école.
Les parents sont consentants bien évidemment. D’autres parents refusent et veulent que leurs enfants travaillent juste le dimanche ou le mercredi après-midi », confie Florence. En France, par contre, le temps de travail des enfants dans la publicité est très réglementé. Il varie en fonction de l’âge et ne peut en aucun cas excéder deux jours par semaine. De 3 mois à 5 ans, deux heures par jour et pas plus de trois heures par semaine. A partir de 6 ans, un enfant ne peut faire des photos que les mercredis et samedis ou pendant les vacances scolaires.

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