Les enfants de la rue en hiver

Pendant cette période de froid et de pluie, les souffrances de ces enfants, ayant fui leurs foyers pour de multiples raisons, se multiplient. Pour se protéger, ils squattent, la nuit, les habitations en construction ou désertées dans certains quartiers populaires, les ponts et les parages des gares routières. Chose qui leur provoque plusieurs maladies.
Quelles que soient les conditions, ils passent la nuit dans ces lieux et se réveillent tôt pour une nouvelle journée d’errance dans la ville. On les rencontre pendant la journée dans les carrefours à hauteur des feux de signalisation proposant leurs services de nettoyage aux automobilistes en contrepartie de quelques pièces de monnaie. D’autres s’adonnent, dans les mêmes endroits, à la vente des cigarettes au détail. «Parfois, on n’arrive pas à trouver de quoi manger. Il faut nettoyer les pare-brises, même si la pratique gêne les conducteurs, pour arracher quelques sous et s’en sortir le soir», affirme un enfant de la rue rencontré au carrefour Derb Omar sans vouloir expliquer les raisons qui l’ont conduit à errer en permanence dans la ville.
Une fois arrêtés par les éléments de la police, ces enfants sans domicile fixe sont déférés devant la justice pour vagabondage. Après instruction, ils sont placés dans des centres de détention et de réinsertion. Nombreux sont les enfants condamnés dès leur jeune âge, sans aucune faute de leur part, à souffrir en errant sans domicile fixe dans les différentes rues de nos villes. Ce phénomène est dû généralement à la pauvreté, la dislocation de la cellule familiale et l’analphabétisme.
Selon une étude réalisée dans huit provinces et préfectures du Royaume, par le ministère de la Condition féminine, de la Protection de la famille et de l’enfance et la réinsertion des handicapés, quelque 8780 enfants vivent constamment dans les rues.
Toutefois, ces chiffres, selon certaines associations actives dans le domaine, ne reflètent pas la réalité puisqu’il est difficile de recenser ces enfants sans domicile fixe. Ils bougent et changent souvent de squats. Cela revient à dire que le nombre des enfants de la rue est beaucoup plus élevé.
Plusieurs associations sont à pied d’oeuvre dans ce domaine en vue d’atténuer la situation et garantir à ces enfants un avenir sécurisé.
La stratégie des pouvoirs publics en collaboration avec la société civile s’articule sur la réintégration du plus grand nombre possible des enfants des rues tout en évitant aux autres de subir le même sort. Agir avant que l’enfant ne se retrouve dans les rues.
Il est à souligner dans ce cadre qu’au Maroc, le nombre des enfants âgés de moins de 18 ans frôle 11 276 000, soit 39 % de l’ensemble de la population. En 2004, ce nombre sera de l’ordre de 10.959000, soit 35 %. L’Observatoire National des Droits de l’Enfant, sous la présidence de la Princesse Lalla Merien, mène de grandes activités en faveur de l’enfance.

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