Les étudiants attendent toujours leurs bourses de mérite

Les étudiants attendent toujours leurs bourses de mérite

Les étudiants marocains des grandes écoles françaises sont en colère. Et pour cause, ils n’ont toujours pas reçu leurs bourses de mérite. Cette bourse d’un montant de 4.578 euros par an ne leur est versée qu’à fin avril, soit à deux mois avant la fin de l’année scolaire. Cette situation ne fait qu’empirer chaque année comme le souligne Soufiane Machrouhi, un jeune Marocain de 22 ans, originaire de Casablanca et étudiant en deuxième année à Telecom Bretagne. «Nous sommes à une dizaine de jours de la fin du mois de mai et nous n’avons toujours rien reçu sachant que l’année scolaire s’achève dans un mois. L’année dernière, je n’ai empoché cette bourse que le 28 avril. Et je suis amené à payer 1.122 euros par an pour les frais de scolarité et 270 euros par mois pour le loyer. Et par conséquent la majorité des étudiants dont les parents et les proches sont incapables de les aider financièrement, sont endettés jusqu’au cou», affirme t-il. Et de poursuivre : «le principe même d’une bourse est d’aider l’étudiant à poursuivre ses études dans de bonnes conditions et ce sans qu’il soit confronté à des problèmes d’argent. C’est pour cette raison précise que nous revendiquons des virements réguliers mensuels ou trimestriels. Si cette option n’est pas possible, pourquoi ne pas effectuer un seul virement au début de l’année scolaire ». Cette situation jugée « invivable » par les étudiants se répercute automatiquement sur leur cursus scolaire. Sans soutien financier de la part du ministère de l’Éducation nationale, ils risquent d’abandonner leurs études. Les étudiants ont contacté à plusieurs reprises la Direction de la Coopération et de la promotion de l’enseignement scolaire privé. Mais en vain. «Aucune des personnes qui décrochent le téléphone n’est en mesure de répondre à la moindre de nos questions et leurs supérieurs ne sont jamais disponibles pour avoir une discussion claire et explicite», déplore Soufiane Machrouhi. Contactée par ALM, la Direction de la coopération et de la promotion de l’enseignement Scolaire Privé a expliqué n’être responsable que des documents administratifs pour ces bourses et que les virements sont effectués par l’Agence marocaine de coopération internationale. Pour sa part, le directeur général adjoint de l’Agence, Salah Rami a précisé que: «nous avons reçu plusieurs plaintes. Ce retard s’explique par le fait que le ministère de l’Éducation nationale n’a pas effectué les virements à temps. Notre compte n’a été alimenté que le 4 mai et le jour même nous avons procédé aux virements pour tous les boursiers qui sont cette année au nombre de 630». Et d’ajouter : «l’Agence ne joue que le rôle d’intermédiaire. Elle a pour mission d’effectuer les transferts vers les destinataires et ce après avoir reçu des listes préétablies par le ministère de l’Éducation nationale. Après avoir transférer l’argent aux destinataires, nous procédons à une vérification en amont». Selon M. Rami, les différentes démarches administratives retardent la procédure d’octroi des bourses. «La commission du ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère des Finances se réunissent en novembre pour statuer sur l’octroi des bourses. Il faut ensuite se mettre d’accord sur l’enveloppe budgétaire qui sera incluse dans la loi de Finances. Après adoption, le ministère de l’Éducation nationale envoie un écrit pour demander l’autorisation du ministère des Finances de virer le montant alloué aux bourses sur le compte de l’agence», conclut-il.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *