Les femmes et la violence au travail

Dans les bureaux et les ateliers de travail, les femmes sont parfois exposées à des vexations et des humiliations, sous toutes les formes. Les pénitences émanent généralement de la hiérarchie de l’entreprise ou de l’administration où elles exercent leur fonction. Dans tel supermarché, par exemple, dont les caisses sont équipées de sièges, on interdit aux caissières de s’asseoir. Dans tel atelier, les femmes doivent demander la permission à leur chefs directs pour aller aux toilettes. Dans telle entreprise, des jeunes femmes subissent des remarques avant et après leur congé de maternité. Et dans d’autres cas, on déprécie le travail des femmes en le taxant d’inutile, puisque leurs maris ou leurs frères travaillent, ou mal vues puisqu’elles ont laissé des enfants à la maison entre les mains des bonnes. Pis encore, des salariées retrouvent leurs photos d’identité utilisées dans un montage pornographique.
Ce comportement existe encore dans certains secteurs d’activité. Une autre blessure de la femme dans la société réside dans le harcèlement sexuel. Persécutions insidieuses et systématiques, le harcèlement sexuel est un mal repéré aujourd’hui dans le monde du travail.
Il peut prendre des formes très diverses. Les avances sexuelles peuvent être faites de façon directe ou indirecte. Les auteurs peuvent recourir soit à des promesses de promotion, des octrois d’avantages, des menaces ou des contraintes… Ce comportement entraine une souffrance profonde chez la femme. Et cette dernière risque de perdre son emploi au cas où elle dénonce l’attitude de son supérieur. Une étude réalisée dernièrement par l’AMDH montre que les ouvrières sont les plus exposées à cet harcèlement.
Dans une unité de textile à Casablanca, Fatima, 28 ans, ouvrière, souligne que « le contremaître, plus proche du chef de l’usine, fait des propositions malhonnêtes aux ouvrières… et malmènent celles qui refusent ses avances ». Nos femmes, vu l’éducation reçue dans la cellule de base, ont souvent peur des représailles ou du regard de l’entourage. Chose qui pousse beaucoup d’entre elles à ne pas dénoncer cet état de choses.
Briser le silence est essentiel. Le fait pour une salariée de s’exprimer sur le harcèlement vécu à son travail lui permet de se réapproprier son histoire. Et l’écouter pendant la consultation, c’est déjà un début d’action. Aujourd’hui des associations se mobilisent pour mettre un terme à cette maltraitance managériale.

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