Les femmes rurales se marient tôt, font plus d’enfants et meurent jeunes

Les femmes rurales se marient tôt, font plus d’enfants et meurent jeunes

Au Maroc, comme dans la plupart des pays du monde, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Selon les statistiques du Haut Commissariat au Plan (HCP), publiées à l’occasion de la Journée mondiale de la femme, le Maroc comptait 16,4 millions de femmes en 2011 soit 50,8% de la population. Cette année, le HCP s’est intéressé plus particulièrement aux femmes rurales en examinant de très près leur situation (fécondité, espérance de vie, soins liés à la maternité, éducation, marché du travail…). Il ressort de la note d’information du HCP que les femmes vivant en milieu rurale  sont plus jeunes que les citadines. 29% sont âgées de moins 15 ans contre 24%. Un peu moins des deux-tiers (62,2%) sont en âge de travailler (15-60 ans) et 8,8% sont âgées de 60 ans ou plus. Autre  caractéristique:  Les femmes rurales se marient plutôt que les citadines. Selon le HCP, elles se marient en moyenne à 25,6 ans soit 1,8 an plus tôt que celles vivant en milieu urbain. Le mariage précoce a reculé chez les femmes rurales. En 2010,  87,9% âgées de 15 à 19 ans étaient célibataires contre 84,4% en 1994. S’agissant de l’espérance de vie à la naissance, les femmes rurales vivent en moyenne 6,4 années de moins que les citadines (73 ans contre 79,4). En matière de santé, les écarts sont énormes entre le milieu urbain et rural. En 2010, 68,3% des femmes rurales étaient couvertes par les soins prénataux contre 94% en milieu urbain.
A l’accouchement, 56,7% ont bénéficié de l’assistance d’un personnel de santé contre  93% pour les citadines. Ces inégalités, en matière d’accès aux soins de santé, se traduisent par un taux de mortalité maternelle en 2009-2010, presque deux fois plus élevé dans les campagnes que dans les villes (148 pour 100 mille naissances vivantes contre 73 dans les villes). Dans le domaine de l’éducation, les statistiques restent alarmantes.
La femme rurale accuse un retard important par rapport à sa concitoyenne citadine. En effet, 58,2% des filles et des femmes rurales âgées de 10 ans et plus sont sans niveau d’instruction en 2011 (contre 29,8% en milieu urbain). Seuls 0,6% ont un niveau supérieur contre 8,7% dans les villes. Concernant sa situation sur le marché du travail, la femme rurale est plus active que son homologue citadine. Le taux d’activité des femmes rurales âgées de 15 ans et plus s’élève à 36,6% en 2011, soit  deux fois plus que celui des citadines (18,1%). Cela dit, ce taux reste bien inférieur à celui des hommes ruraux qui atteint 80,5%. Les femmes rurales actives sont, dans leur quasi-totalité, occupées, le chômage ne concerne que 2,1% d’entre elles. La majorité d’entre elles travaillent dans l’agriculture (94%). A noter que 3 femmes rurales actives occupées sur 4  sont des aides-familiales (travail non rémunéré) contre seulement 4,6% dans les villes où c’est plutôt le travail salarié qui domine (80,5% contre 5,5% des actives occupées rurales). Quant à l’auto-emploi, celui-ci  concerne 17,6% des femmes rurales actives occupées contre 11,8% des citadines.
Selon le HCP, 16% des ménages ruraux sont dirigés par des femmes en 2011 contre 20,8% dans les villes. Parmi ces femmes, 50,5%  sont veuves, 39,7% mariées et 6,3% divorcées.  63,2%  des femmes chefs de ménage en milieu rural sont inactives et 36,2% sont actives occupées.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *