Les malheurs de Fatima-Zahra

Les malheurs de Fatima-Zahra

Nul ne choisit le cours de sa vie. Fatima-Zahra en est une illustration très éloquente. Cette jeune fille de dix-sept ans est issue d’une famille démunie, demeurant dans un douar des alentours d’El Jadida.
Elle n’a jamais mis les pieds à l’école située à deux kilomètre de chez elle. L’éloignement n’est pas la seule raison de son absence des bancs de l’école. La situation matérielle de ses parents, qui arrivent à peine à subvenir aux besoins de leur foyer qui abrite neuf personnes en est la cause principale. Le père, qui travaille dans les champs, n’arrive pas à satisfaire les besoins de sa femme, ses trois enfants et ses quatre filles, tous non scolarisés. Fatima-Zahra est restée près de sa mère, à l’aider à la maison. A l’âge de six ans, elle a été envoyée chez une famille à Casablanca pour travailler comme domestique. Elle empoche en contrepartie 600 dirhams qu’elle verse à ses parents. C’est son père qui arrive tous les deux mois pour empocher les 1.200 dirhams et s’en retourner chez lui. Les conditions de sa fille importent peu pour lui. Ce qui l’intéresse, c’est d’avoir de l’argent pour subvenir aux autres besoins des frères et soeurs de Fatima-Zahra.
Heureusement que cette dernière a été accueillie comme l’un des membres de la famille chez laquelle elle travaille. Personne ne la maltraite et tout le monde se comporte bien avec elle. Au fil des mois, Fatima-Zahra a grandi, elle a atteint son quatorzième printemps. Son corps a commencé à changer au point qu’elle est devenue l’objet de l’attention des jeunes.
Ses employeurs ne cessaient pas de lui reprocher ses relations avec quelques jeunes, lui demandaient d’éviter les garçons, de ne plus leur parler, de ne pas entretenir de relation avec eux. Seulement, elle faisait la sourde oreille. Elle ne s’intéressait qu’à son adolescence, au point qu’elle a fini par nouer une relation avec l’un d’eux. Elle sortait avec lui pour faire une promenade d’une fois à l’autre, notamment le jour de son repos. Seulement, son petit ami l’a invitée un jour chez l’une de ses connaissances. C’est là qu’elle s’est donnée à lui entièrement, en contrepartie d’une promesse de mariage. Au fil des mois, il a fini par l’abandonner. Depuis, elle ne veut plus rester à Casablanca et est retournée dans sa famille. Pour quoi faire ? Elle n’en sait rien. Car ce qui importe pour elle en ce moment, c’est de ne plus rester dans la ville où séjourne son grand et premier amour. Quelques mois plus tard, elle a été sollicitée, à travers l’une de ses voisines, par une famille demeurant à El Jadida.
Fatima-Zahra n’a pas perdu une seconde pour accepter. Elle s’est rendue à El Jadida, tentant par la même occasion d’oublier tout ce qu’elle a enduré avec son amant à Casablanca. De fil en aiguille, elle est arrivée à se familiariser avec son nouvel environnement. Seulement, elle s’est bien promis de n’entretenir aucune relation avec un autre jeune garçon. Mais elle n’a pas pu résister. Elle a fait la connaissance de Rachid, 25 ans, maçon de son état.
Ce dernier l’a invitée chez lui un jour du mois de janvier. Une fois rentrés, il lui a demandé de coucher avec lui. Elle a refusé. Aussitôt, il l’a menacée avec un couteau et a abusé d’elle. Toutefois, Rachid a nié cette version et a expliqué aux policiers, après son arrestation, que c’est de son plein gré qu’elle a partagé avec lui le même lit. Il attend actuellement son jugement.

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