Les marocaines fument de plus en plus

Les marocaines fument de plus en plus

Symbole d’émancipation et moyen de se poser en pied d’égalité face aux hommes, la cigarette s’est imposée insidieusement comme un geste quotidien pour la femme moderne d’aujourd’hui. Celles, qui fumaient en cachette auparavant, affichent aujourd’hui d’une manière ostentatoire leur cigarette que ce soit à la maison, dans les cafés, les rues ou dans les différents lieux publics.
Les femmes assument ce geste, alors qu’il était et demeure tabou dans nombre de sociétés arabo-musulmanes. La progression du tabagisme féminin est allée de pair avec l’émancipation.
Avant l’émancipation féminine, le tabagisme était incontestablement une affaire d’hommes. Quelques années plus tard, le nombre des femmes fumeuses s’est accru d’une manière inquiétante. Les adolescentes et les jeunes femmes sont les plus concernées par ce phénomène social qui touche aussi bien le Maroc que les autres pays du monde.
Que disent les chiffres ? Selon des statistiques établies en décembre 2004 par le groupe "Altadis", les femmes représenteraient 3,3 % des fumeurs marocains, soit un total de 132.000 fumeuses, dont la moitié sont âgées de 35 ans. Faisant fi de tous les dangers du tabac, les femmes sont de plus en plus nombreuses à fumer. Pourquoi les femmes fument-elles ?
Les motifs sont divers. Si certaines fument pour le plaisir, d’autres pensent que la cigarette est un acte de liberté. Tenir une cigarette entre les doigts donne, pensent-elles, de l’assurance et de la prestance. Fumer constitue, pour certaines femmes, une façon de préserver la ligne. "Si j’arrête de fumer, je vais grossir".
Une phrase qui se répète tel un leitmotiv par un grand nombre de personnes obsédées par leur ligne.
La crainte de prendre du poids en dissuade beaucoup d’arrêter de fumer.
Nombre de fumeuses ont également l’impression que les cigarettes les aident se détendre et de lutter contre le stress de la vie active. Alors qu’il est avéré que la cigarette est elle-même un facteur de stress.  Par ailleurs, les tactiques de commercialisation des industriels du tabac piègent les jeunes adolescentes. "Les cigarettiers continuent de berner leurs anciens et nouveaux clients de manière de plus en plus insidieuse" avec de "nouveaux produits aux noms évoquant la santé, parfumés aux fruits ou dans de beaux emballages", relève pour sa part l’OMS dans son dernier rapport, à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, mercredi 31 mai 2006.
Contrairement aux idées reçues, fumer des cigarettes légères ou ultra-légères n’est pas moins dangereux. "Cigarette, bidi, kretek, cigarette parfumée au clou de girofle, snus (gomme à mâcher), tabac à chiquer et à priser, tabac sans fumée, cigare… ils sont tous mortels", prévient l’OMS.
Outre le cancer des poumons, le tabagisme expose la santé de la femme à des risques qui lui sont propres tels des troubles menstruels, la précocité de la ménopause ainsi que l’ostéoporose après la ménopause. Sans oublier que la femme enceinte qui fume met en danger la santé de son enfant. En somme, le tabagisme tue sans discrimination.

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