Les maux du secteur avicole

Plus de 95 % du poulet consommé au Maroc est vendu à l’état vif. L’approvisionnement des collectivités s’effectue auprès d’abattoirs modernes agréés et surtout de tueries traditionnelles. Une enquête menée par l’Association professionnelle des Abattoirs industrielle avicole (ANAVI) et la Fédération interprofessionnelle du Secteur avicole (FISA), en septembre dernier, montre qu’une proportion importante des achats des collectivités, hôtels, restaurants, internat, se fait encore à travers les circuits traditionnels. Ce qui constitue un réel danger pour la santé du consommateur. L’enquête, dont les résultats ont été présentés mercredi lors d’une conférence de presse à Casablanca, a souligné que la majorité des interviewés considère que la consommation de viande de volaille n’est pas suffisamment développée. Les principaux freins invoqués s’articulent autour de l’hygiène, la qualité, le prix et l’organisation du secteur avicole.
L’étude révèle que 57 % de la restauration collective ne sont pas au courant de l’existence de la réglementation qui les oblige à s’approvisionner auprès des abattoirs agréés. Pour les tueries traditionnelles, environ 80 % des répondants ne savent pas également l’existence de la réglementation en matière d’abattage de viande de volailles.
Ces paramètres ont été pris en compte dans le plan d’action en l’an 2003 par l’association, dans le but de réaliser une progression de la part des volailles abattues dans les abattoirs industriels avicoles d’environ 3 % actuellement à 25 % à l’horizon 2005. Cette progression se traduira sur le secteur par une amélioration de la qualité et de la salubrité des volailles abattues pour préserver la santé du consommateur. Une organisation de la production et la régulation du marché des volailles. Une stabilisation des cours des volailles sur le marché, et enfin un perfectionnement des conditions sanitaires de production avicole. Pour atteindre ces objectifs, l’association compte élaborer des contacts de partenariat avec les éleveurs en vue de l’intégration des abattoirs avicoles à la production, assurer le transport des volailles vivantes de l’élevage à l’abattoir dans des caisses en plastique appropriées lavées et désinfectées après chaque enlèvement. Installer des points pilotes de ventes des volailles abattues répondant aux normes hygiéniques et sanitaires réglementaires. Assurer le transport des volailles abattues dans des véhicules réfrigérés. Elaborer un code d’usage professionnel pour la préparation et la transformation des viandes de volailles. Et entreprendre une campagne de promotion de l’achat et de la consommation des volailles abattues dans des abattoirs agréés.
Actuellement, le nombre des abattoirs industriels avicoles ne dépasse pas quinze, trois pour la dinde et 12 pour les poulets, dans tout le territoire national. Affreusement concurrencés par les tueries traditionnelles, ces abattoirs qui produisent environ 6000 tonnes, opèrent deux fois par semaine et ne tournent qu’avec 5 % de leurs capacités. Il faut dire que le développement du secteur passe par le strict respect des normes d’hygiènes et l’amélioration des structures d’abattages. C’est la seule formule pour garantir un produit de qualité et protéger la santé du consommateur.

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