Les mécontents du PND s’activent

Fallait-il s’attendre à ce que tout le monde applaudisse les choix des têtes de listes ? ce serait ne pas connaître les mentalités des uns et des autres et ce que la plupart attendent en période électorale. En un mot, tout un chacun se voyait déjà élu, après avoir été tête de liste. C’est en tout cas ce qui se passe aujourd’hui au Parti national démocrate, où il y avait plus de prétendants aux têtes de liste qu’il n’y avait de listes, voire de candidats. C’est tout à fait normal qu’ils crient à la manipulation et au trafic des choix, voire à la dictature du secrétaire général du parti, Abdellah Kadiri.
Premier coup de feu en direction du patron de la région de Chaouia Ourdigha, un fax parvenu aux diverses rédactions signé Ahmed Dkhil, de la région de Smara, en sa qualité de trésorier adjoint du parti. Il porte de graves accusations contre M. Kadiri relatives à sa mauvaise gestion des finances du parti et considérant que le secrétaire général a fait main basse sur les prérogatives du reste du bureau politique, y compris le trésorier. «J’ai demandé à ce que la direction du parti soit au courant de ce qui se passe au niveau des finances du parti. Mais une fois encore vous avez dit non et vous continuez à gérer seul les affaires financières du parti dans l’opacité la plus totale», écrit-il.Une coïncidence est à relever : M. Dkhil a envoyé son fax le jeudi, moins de vingt quatre heures après que la direction du parti avait rendu publique la liste des candidats du PND. M. Dkhil était au courant bien avant des irrégularités qu’il fustige. Pourquoi il ouvre les hostilités aujourd’hui ? tout le monde a tout le loisir de croire que c’est uniquement à cause de sa déception préélectorale. Et puis, comment M. Kadiri peut-il se servir des comptes du parti si les statuts du parti ne le lui permettent pas, sinon des complices de la direction du parti sont à trouver…
Deuxième clan des mécontents, ceux qui reprochent au secrétaire du parti d’avoir réglé seul les candidatures. On avance même que l’un des membres du bureau politique croyait jusqu’à la lecture des noms des têtes de liste, lors de la rencontre avec la presse du mercredi, qu’il était tête de liste. Il n’en fut rien, mais curieusement, ce membre, qui était dans la tribune, n’a rien dit et n’a pas réagi non plus à son éviction, si éviction il y a. Personne ne peut avancer que les choix des candidats se sont faits dans la transparence la plus totale et qu’il n’y ait aucun impair. Mais de là à tout mettre sur le dos du secrétaire général du parti, il n’y a là qu’un pas que les mécontents ont allègrement franchi. Mais bien après coup.
Et l’on arrive à la liste nationale. On reproche à M. Kadiri de ne pas avoir annoncé les noms de cette liste de peur de froisser les dizaines de femmes présentes et à qui il a promis l’investiture. Ce qui reste court comme argument. Admettons-le. Finalement, on se demande si le PND est géré comme un parti ou comme une affaire personnelle de son secrétaire général…
Au fait, ce qui se passe autour des candidatures du PND n’est pas un cas isolé. Presque tous les partis ont eu à affronter les mêmes remontrances. Cela renseigne plus sur une culture politique de transparence qui fait défaut que sur une lutte pour dire et faire appliquer les lois.

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