Les médecins dentistes déclarent la guerre aux charlatans

Les médecins dentistes déclarent la guerre aux charlatans

L’ Ordre déplore l’absence de contrôle par les autorités

En l’absence de contrôle, ces personnes continuent de travailler en toute illégalité en mettant en péril la santé des citoyens.

Les médecins dentistes montent au créneau contre l’exercice illégal de la médecine dentaire. Ces derniers mois, l’Ordre national a reçu plusieurs plaintes de citoyens qui ont reçu des soins dentaires par de faux dentistes. «Durant les six derniers mois, nous avons reçu plus d’une dizaine de plaintes en provenance de plusieurs villes, notamment Casablanca, Ouazzane, Midelt, Imzouren, Marrakech et Kénitra», indique Dr Mohammed Jerrar, président de l’ordre national des médecins dentistes. Faute de moyens ou par ignorance, de nombreux citoyens inconscients du risque qu’ils encourent continuent de faire appel aux services de ces faux médecins dentistes. L’ordre tire la sonnette d’alarme et compte sur le soutien des ministères de la santé, de l’intérieur et de la justice pour prendre les mesures nécessaires afin de fermer définitivement ces cabinets clandestins et activer les poursuites judiciaires contre les contrevenants et punir tous ceux qui ne respectent pas la réglementation  en vigueur. Le président de l’Ordre national déplore l’absence de suivi et de contrôle par les autorités concernées. 

Ce dernier estime que des missions d’inspection doivent être menées de manière régulière par les autorités locales pour lutter contre ce phénomène. En l’absence de contrôle, ces personnes continuent de travailler en toute illégalité en mettant en péril la santé des citoyens. Ces «intrus de la profession» pratiquent toutes sortes d’interventions : extractions, détartrage, dévitalisation… Ils font courir aux patients le risque d’être contaminés par des maladies graves telles que le sida, la tuberculose ou encore l’hépatite. ll faut aussi relever  que les cas de décès suite à ces pratiques illégales sont loin d’être des cas isolés au Maroc. L’Ordre national des médecins dentistes a notifié plusieurs cas de décès à Agadir, Salé, Nador ou encore à Sidi Bennour. Le dernier en date remonte à septembre 2017 où un garçon âgé de 12 ans est mort après une extraction de dent chez un prothésiste dentaire de la commune de Oued Laou.  L’Ordre pointe également du doigt les conditions d’hygiène et de stérilisation du matériel ainsi que le recours par ces charlatans aux produits anesthésiants qui sont exclusivement destinés aux médecins dentistes.

Selon Dr Jerrar, ces personnes qui exercent la médecine dentaire sans diplôme sont dans la majorité des cas des prothésistes. «On retrouve également des assistants qui ont appris sur le tas le métier, des femmes de ménage qui ont travaillé dans des cabinets dentaires». Et pourtant l’article 3 de la loi 07-05 est très clair à ce sujet: «Nul ne peut accomplir aucun acte de la profession de médecin dentiste, à titre privé, s’il n’est pas inscrit au tableau de l’Ordre national des médecins dentistes». Quant aux sanctions qu’encourent ces faux dentistes, Dr Jerrar signale qu’il s’agit là d’une usurpation de fonction.

Et par conséquent, comme le précise l’article 381 du code pénal, ces personnes risquent 3 mois à 2 ans de prison et une amende de 200 à 5.000 DH. Selon l’ordre national des médecins dentistes, il existerait 3.300 faux médecines dentistes au Maroc. Ces chiffres sont basés sur un recensement qui avait été effectué par le ministère de l’intérieur, faisant état de l’existence de 3.300 prothésistes dentaires au Maroc. Plus de la moitié d’entre eux, soit 1.790, ne dispose d’aucune autorisation d’exercice de profession. Pour ceux qui disposent d’une autorisation, ils ne peuvent exercer que la profession de prothésiste dentaire et non pas  la médecines dentaires. Signalons également que le nombre de médecin dentiste au Maroc s’élève à 5.600 dont 4.800 dans le privé.

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