Les médecins non-intégrés protestent

ALM :Quel est le problème des médecins non-intégrés ?
Laïla Mahir : Notre problème est le chômage, nous risquons d’être au chômage. Les médecins qui ont soutenu jusqu’à avril 2002 ont été, tous, recrutés sur titre et sans concours, alors que depuis cette date, les médecins doivent, obligatoirement, passer un concours.
Pourquoi ?
Un décret ministériel promulgué le 21 octobre 1999 stipule que le recrutement des médecins généralistes, des chirurgiens-dentistes et des pharmaciens, devrait avoir lieu sur la base d’un concours. Seulement, il ne sera mis en vigueur qu’après une phase transitoire de trois ans, autrement dit, durant la période allant d’octobre 1999 à octobre 2002, les médecins ont été recrutés, également, sur titre comme auparavant et ce afin de combler le manque des médecins dans les régions rurales et sous-médicalisées.
La mise en vigueur de ce décret veut dire donc qu’on est arrivé à combler ce manque ?
C’est loin de là, puisque selon l’Organisation Mondiale de la Santé il faut un médecin pour une population de 5 mille habitants, alors qu’au Maroc nous avons un seul médecin pour 100 mille habitants. Nous avons donc un grand manque. Si ce manque a été comblé, pourquoi l’Etat a ouvert dernièrement deux nouvelles facultés de médecine, à Marrakech et à Fès ?
Par ailleurs, la loi de finances a octroyé 1500 postes budgétaires pour le ministère de la Santé, alors que nous ne sommes que 300 médecins non-intégrés.
Qu’est-ce que vous réclamez maintenant ?
Nous réclamons deux choses : le recrutement direct et l’annulation du concours.
Quelles sont les démarches que vous avez entreprises pour réclamer ces deux revendications ?
Nous nous sommes adressés au ministère de la Santé pour demander une audience avec le ministre. Mais nous avons appris qu’il est très occupé. Il y a toujours un prétexte pour ne pas rencontrer le ministre de la Santé. C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous affilier à l’UMT. Et depuis le 21 décembre 2002, nous avons constitué une commission nationale des médecins non-intégrés, composée de sept médecins et nous avons avisé le ministère de notre organisation et de nos démarches pour arriver à notre objectif qui n’est autre qu’une rencontre avec le ministre. Nous avons reçu une réponse. Le secrétaire général du ministère est prêt à recevoir la commission et nous avons répondu que nous voulons être reçu par le ministre en personne et personne d’autre que lui. Nous avons remarqué, par la suite, un désintérêt total auprès du ministère. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’observer, chaque mercredi, un sit-in devant les locaux du ministère de la santé. Nous avons observé deux sit-in, qui avaient eu lieu respectivement le 22 et le 29 janvier 2003.
Le ministère a-t-il réagi ou non ?
Oui, quatre médecins de la commission ont été reçus par un conseiller du ministre et après un dialogue, ils ont été avisés que le ministre a accepté de nous accorder une audience mercredi 5 février 2003.
Qu’est-ce que vous prévoyez ?
Si le ministère refuse d’annuler le concours et nous recruter directement, nous reprendrons nos activités contestataires.

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