Les mendiants arnaqueurs

Le mois sacré de Ramadan est respecté, vénéré par tous les Musulmans et non Musulmans. Un mois de purification, d’ascèse et de piété. Mais certains groupes d’énergumènes, connus par des actes de violences, des survoltés, des fanatiques, des drogués en sensation de manque, profitent de l’atmosphère, qui règne en ce mois sacré, à duper, gruger, blouser ; bref à arnaquer comme bon leur semble. La mendicité est l’étiquette qui couvre ces pratiques. A Casablanca, le phénomène a pris de l’ampleur. Ce fléau touche tous les âges et toutes les catégories de la société, hors de besoin, vieilles personnes, adolescents, enfants, handicapés et bien portants, citadins et ruraux.
Tous les prétextes sont bons pour arracher quelques sous. En effet, ces énergumènes se présentent comme des mendiants qui demandent la charité d’une manière pudique. Avec des habits déchirés, mal chaussés. L’approche de la rupture du jeûne, l’affluence du moment et la pression du temps (ftour) sont généralement exploitées par ces cambrioleurs, notamment devant les grandes boulangeries, les arrêts de bus, de taxis et notamment les gares.
Selon, les espaces, ils choisissent leur cible, provoquent sa pitié, font appel à ses sentiments les meilleurs. Dans cette atmosphère, certains créent et maintiennent la conversation avec la victime, en vue de l’isoler de son entourage le maximum possible. Parfois, ils proposent même une aide et accompagnent leur « client » tranquillement. Une fois les conditions du déclenchement de leurs opérations sont réunies. Le ton change. L’arme blanche au cou de la victime. Il verse tout ce qu’il a pour s’en sortir. Il y a également ceux qui se présentent comme des marchands ambulants, en plein centre-ville, vers minuit. Flacons de parfums, cigarettes blondes, montres, lunettes à des prix défiant toute concurrence. Ils abordent leur cible, en lui expliquant les qualités du produit, entre ses mains. Ils l’entourent et l’isolent en vue de l’agresser sans attirer l’attention des passagers qui n’interviennent généralement pas ! A la gare routière d’Ouled Ziane, l’arnaqueur s’approche de sa victime, la voix tremblotante, le visage défait. Il se rendait à Nador en famille au chevet de sa fille agonisante. Des voleurs les ont délestés de tous leurs biens alors qu’il cherchait un taxi. Il propose l’unique bracelet en or de sa femme pour une bouchée de pain… Le client cède et, ravi, se précipite chez le premier bijoutier qui l’accable, railleur: Ce n’était que du métal doré, sans aucune valeur. Il se précipite à la recherche du larron… mais l’oiseau s’est envolé vers d’autres cieux, à la recherche d’autres victimes, certainement.
Il faut dire que selon le temps, l’espace, ces énergumènes choisissent leurs cibles. Les victimes dans une grande surface de vente ne sont plus celles d’un souk hebdomadaire dans une campagne. Elles ne sont pas non plus les mêmes dans un restaurant ou une boîte de nuit. Le temps des opérations dépend également de l’espace. La méthode et les techniques mises en oeuvre pour détourner les regards et parvenir, sans grands risques, à leurs fins dépendent, à leur tour, de la nature de la victime. Le tout est bien calculé. Pratiquement rien n’est laissé au hasard. Ces techniques sont utilisées pendant le mois du Ramadan. Après, les arnaqueurs procèdent d’une autre manière. Et pour se protéger contre ces pratiques, il n’y a pas mieux que le vieux dicton. « Prudence est mère de sûreté». Surtout pendant ce mois sacré.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *