Les mobiles de l’ exclusion saugrenue du Maroc de la conférence d’Alger

Les mobiles de l’ exclusion saugrenue du Maroc de la conférence d’Alger

L’exclusion arbitraire et gratuite du Maroc de la conférence d’Alger et le refus de l’Etat algérien de toute participation marocaine dans le sommet montrent la discordance réelle de la situation dramatique du dialogue dans la région du Maghreb. Cette conférence  a rassemblé tous les pays limitrophes d’une région du Sahel, une région si fragile et sensible dont le sort de l’état de sécurité de tous les pays du Maghreb en dépend beaucoup. Malheureusement, et dans la stupéfaction totale, l’Etat algérien s’est vu s’embarrer toute bonne volonté marocaine de contribuer à la mise en place d’une stratégie commune de démantèlement des réseaux terroristes. Cette conférence, selon les motivations affichées de l’Etat algérien, est de conjuguer les efforts des pays du Sahel  (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Libye) et l’Algérie pour faire face à la recrudescence des activités et des actes terroristes, leurs connexions avec le crime transnational organisé et leurs conséquences sur la sécurité et la stabilité de la région. Certes, c’est un secret de Polichinelle, la région du Sahel est devenue une sorte d’Emirat avec sa loi dictée par des groupes islamistes terroristes, un lieu de chantage et de séquestrations des otages de toutes nationalités. Le Maroc, géographiquement parlant, est un pays limitrophe à ces pays, sa sécurité en dépend beaucoup. C’est pourquoi, plusieurs accords relevant de la sécurité et de la coopération sont signés avec plusieurs pays conviés. En l’occurrence, la règle veut que le Maroc doit être une partie prenante de toute stratégie sécuritaire dans la région, de part son voisinage et aussi de son expérience, quitte à savoir que l’Etat algérien a ses propres raisons de repousser la volonté marocaine d’y participer. Pour bien comprendre le contexte de cette exclusion, on doit revenir à ce qui s’est passé lorsque Bamako a cédé à la pression de Paris et au chantage des terroristes en libérant quatre terroristes réclamés par l’Algérie pour mettre à exécution les exigences du groupe armé en contrepartie de la libération d’un de ses ressortissants. Cet incident vient dans une période où les relations entre Paris et Alger passent par des moments de turbulences graves. Le Maroc paie le prix de la facture de la froidure de ces relations  qui règne depuis longtemps entre deux Etats dont le passé n’est pas occulte.  Pour l’Algérie, la France  appuie d’une manière irrévocable l’initiative marocaine du projet de l’autonomie des provinces du Sud ce qui va à l’encontre, bien évidement, des intérêts de l’idéologie séparatiste des successeurs de Houari Boumédiène. Dès lors, Alger considère le pragmatisme politique français comme  une provocation et une politique  bancale. Outre ces considérations, la conférence a été politisée dans le sens qu’elle vient juste après un sommet où le Maroc et l’Union européenne  ont  réussi à mettre en place une feuille de route permettant au Maroc de hisser ses relations avec l’Europe. De surcroît, le sommet s’est clôturé avec une déclaration favorable, politiquement parlant, à la marocanité du Sahara et à la résolution onusienne 1871. Cette réussite a eu des retentissements et a pu déclencher une sorte de guerre interne entre les deux institutions du pouvoir algérien que sont le président Bouteflika et l’ANP (Armée nationale populaire), concurrents et adversaires déclarés, séparés par des divergences stratégiques et dont le conflit du Sahara est un paramètre cardinal dans ce jeu interne.  Dans le même sens, le Maroc est aux yeux des Etats-Unis d’Amérique, ainsi que d’autres grandes puissances, un grand allié, un pays modèle, avec la méthode et la stratégie, dans la lutte contre le terrorisme. Cette donne inquiète véritablement les Algériens, par crainte d’isolement et les relègue au seconde rôle, et qui veulent à tout prix réduire et amoindrir l’image du Maroc vis-à-vis de la communauté internationale dans ce combat contre le terrorisme international. La responsabilité d’agir face aux menaces terroristes doit être proportionnée et mesurée. Les mécanismes de coopération bilatérale, régionale et internationale pour lutter contre ce fléau mondial exige l’implication de tous les pays de la région du Maghreb. Il y a des menaces réelles, tous les indicateurs sur le terrain l’arborent, en l’occurrence toute coopération dénuée d’une vision globale du problème  et d’une objectivité  ne peut être que contre-productive et sans aboutissement.

  Dr. Cherkaoui Roudani

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