Les MRE réclament leur droit légitime

Les communiqués affluent de plus en plus, reflétant la vive réaction des ressortissants marocains à l’étranger qui se sentent un peu dépourvus de leur marocanité . Ils ne voteront pas lors des législatives du 27 septembre. Jamal Belahrach, un Marocain issu de la deuxième génération MRE et président de la société «Manpower», a envoyé un communiqué percutant à la presse. Il a déjà envoyé une lettre ouverte au Premier ministre l’interrogeant sur les raisons de cette «injustice».
Pour M.Belahrach, «Une page de l’histoire du Maroc va s’écrire le 27 septembre 2002 à travers les premières élections législatives sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avec une recomposition espérée du paysage politique : un gouvernement nouveau pour une ère nouvelle devrait voir le jour (c’est l’espoir de tout un peuple). Mais voilà, cette page va s’écrire sans la participation de plus de 2 millions de citoyens marocains vivant à l’étranger, que l’on ne cesse de choyer grâce ou à cause des milliards de devises qu’ils envoient chaque année à leur pays d’origine (première recette de l’Etat marocain), à qui on fait semblant de dérouler le tapis rouge du 15 juin au 15 septembre de chaque année, et pour qui les banques se font désirables pendant la même période», écrit-il sans hésiter avant de se lancer dans un flot d’interrogations, toutes plus logiques les unes que les autres, à propos de ce présumé oubli.
«Mais comment peut-on oublier 2 millions d’âmes ? Et pourtant, que d’institutions pseudo-représentatives, que de porte-parole de cette communauté, et même de prestigieuses ambassades», poursuit le communiqué de M.Belahrach. Et de rappeler qu’il ne s’agit ni d’un service ni d’une faveur que les MRE demandent au gouvernement marocain, mais bien d’un droit que confère la Constitution de 1996 qui a été votée par les Euro-marocains (déjà) par référendum et qui stipule dans son article 8 : «Sont électeurs tous les citoyens majeurs des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques». Il a terminé son communiqué par une nouvelle définition de MRE : «Marocain Résolument Exclus de la politique de développement de son pays, ne jouissant pas des droits que lui confère la Constitution qu’il a lui-même votée en 1996».
C’est dire combien la déception est affligeante chez nos ressortissants. Même son de cloche chez ATIME (Association des travailleurs immigrés marocains en Espagne).
Dans un communiqué, ATIME a dénoncé le fait que plus de 3 millions d’émmigrés marocains dans le monde soient privés de leur droit de vote constitutionnel et ne participent pas aux législatives du 27 septembre. ATIME condamne énergiquement cette «exclusion inconstitutionnelle» et considère qu’il s’agit de «la plus grande agression dont souffre la communauté marocaine à l’étranger de la part du gouvernement marocain». Des associations de Marocains résidant en France n’ont pas manqué de faire entendre leur voix. Elles dénoncent leur «exclusion», allant même jusqu’à déposer un recours en justice contre le Premier ministre marocain. Ce recours a effectivement été déposé le 6 septembre devant la Cour suprême de Rabat et sera examiné le 26 septembre.
Un recours qui vise la réouverture des listes électorales et à y inscrire tous les Marocains résidant à l’étranger, conformément à la Constitution.
Visiblement, c’est le prochain gouvernement qui héritera du bébé. Dans certaines circonstances, les choix d’un commentaire s’avèrent très réduits…

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