«Les partis sont pour l’opacité»

ALM : L’ICD est un parti nouvellement créé, que représente-t-il ?
Mohamed Benhammou : Nous représentons une nouvelle culture politique, une nouvelle élite, de nouvelles approches et méthodes de l’action politique. L’ICD représente également une nouvelle forme de l’engagement civique et une initiative citoyenne pour le développement social, économique et politique de notre pays. Nous adhérons aux valeurs fondamentales de l’Etat, à savoir la monarchie constitutionnelle en tant que symbole de la souveraineté, garante de l’unité et de la pérennité de la nation marocaine, l’Islam comme religion et composante civilisationnelle et la diversité culturelle comme déterminant de l’identité de la société marocaine. Nous voulons concevoir la politique en adoptant de nouvelles approches dynamiques positives et constructives en rupture avec les méthodes classiques de la gestion de la chose publique. Nous comptons revaloriser le concept et le rôle du parti politique en adoptant une nouvelle méthodologie pour sensibiliser, encadrer et intéresser la population et particulièrement la jeunesse à l’action politique. Nous envisageons également de contribuer à la conception d’un projet de société privilégiant l’épanouissement du développement durable. En somme, nous voulons accompagner l’ère nouvelle et prometteuse qui ouvre la voie à la consolidation de la démocratie et aux réformes nécessaires pour asseoir l’Etat de droit.
Existe-t-il des partis avec lesquels vous envisagez une perspective d’alliance ou de collaboration ?
Je pense qu’il est encore trop tôt pour se prononcer là-dessus. Cependant, il existe certains partis avec lesquels nous avons des affinités communes. Parmi ces partis, ceux qui adhèrent aux valeurs de la démocratie sociale, puisque nous sommes un courant centriste et des socio-démocrates. Ceci étant, nous n’excluons personne, sauf ceux qui ont une identité floue ou encore des objectifs anti-démocratiques. Car nos objectifs sont clairs et indéniables, à savoir défendre et consolider la souveraineté sur l’ensemble du territoire national, contribuer à asseoir un système politique socio-démocrate et consolider l’Etat de droit, oeuvrer pour la protection d’un environnement sain, appuyer et mettre en oeuvre les droits civiques, politiques, économiques et sociaux de la femme, de l’enfant et de la jeunesse, promouvoir le développement du monde rural pour le sortir de son isolement et de sa marginalisation, contribuer au développement économique et social du pays pour répondre aux attentes et aux besoins des citoyens à travers l’encouragement de l’initiative privée et la participation effective des citoyens et, enfin, encadrer et faire participer les Marocains résidents à l’Etranger en défendant leurs droits et leur dignité.
Que pouvez-vous dire du mode de scrutin par liste ?
Pour nous, c’est un casse-tête chinois dont on pouvait se passer, du moins pour le moment. Ceci étant, le mode de scrutin, tout comme le découpage électoral, sont d’abord des actes politiques avant qu’ils ne soient des actes techniques. Autrement dit, la recomposition du champ politique national passera par ledit scrutin. En tout cas, nous pensons à l’ICD que les partis politiques et les électeurs marocains vont vite s’adapter avec ce mode. En revanche, nous constatons que le scrutin par liste a favorisé le réveil tribal. Nous sommes en train de voir qu’aujourdh’hui, le candidat juge ses chances à partir de son appartenance tribale ou clanique. Autant dire que c’est un retour de l’enfant du terroir.
La transparence est le mot d’ordre par excellence de ces élections. Qu’en pensez-vous ?
S’agissant de la transparence, nous tenons d’abord à saluer l’action menée par le ministère de l’Intérieur. On leur rend hommage pour le grand travail qu’ils ont fait avec une grande efficacité, une grande technicité et surtout pour la rapidité et la totale objectivité. Quant aux partis politiques, nous considérons qu’ils sont loin des valeurs de la transparence voire de la culture de la transparence et particulièrement côté comportement. En somme, je dirai que les partis politiques dans leur propre environnement sont encore loin de respirer l’air et l’ère de la transparence.
Est-ce une des raisons pour lesquelles vous ne vous présentez pas aux élections en tant que chef de parti ?
Il faut savoir que l’ICD n’a pas été créé pour une mission saisonnière et une fin électoraliste. Notre parti se veut parmi une nouvelle génération de partis politiques.
Une génération avec les valeurs justement de la transparence, de la communication, de la proximité, de la citoyenneté et de l’engagement. La priorité, c’est la construction du parti et non la députation de son président. A 43 ans, je crois que je peux encore attendre. Mais notre défi majeur, c’est d’oeuvrer ensemble pour le Maroc. C’est également la devise du parti, pour un Maroc gagnant, un Maroc fort, prospère, solidaire et démocratique.

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