Les petits métiers de Ramadan

Voilà plus de trois ans que Rkia, native de Oued Amlil dans la région de Taza, prépare et vend «Msamen» et «Harcha» pendant tout le Ramadan. L’affaire a commencé il y a plus de trois ans. Comment? À l’approche du mois sacré de 1998, sa soeur, Rabiâa, résidante à Casablanca lui avait rendu visite au douar. Le matin, Rkia servit à sa soeur et ses enfants un grand plat de «Msemen» et du «Harcha». Lesquels feront l’objet des discussions accompagnant généralement le petit-déjeuner dans la région. Rabiâa, connaissant que sa soeur réussissait très bien la préparation de ces crêpes traditionnelles, lui proposa de l’accompagner à Casablanca. Lui expliquant que ce métier, petit et précaire soit-il, est rapporteur, Rkia a fini par accepter. Elle debarque à Casablanca quelques jours avant le début du Ramadan. Arrivées à Hay Mohammadi, après un moment de repos, Rabiâa et sa soeur font un petit tour dans le quartier, notamment les points où s’installent les vendeuses de «Msemen», «Harcha» et «Bag-hrir», celles que sa soeur est appelée à concurrencer. Le premier jour du Ramadan commence, Rkia entame sa première expérience de commerce de toute sa vie. Elle rentre après la rupture du jeûne chez sa soeur, dit-elle, très contente avec une recette encourageante. Les jours passent, son point de vente devient le plus ciblé par les clients. «Je fais un bon «Msemen», purement traditionnel et c’est tout», dit-elle en souriant. Vers la fin du premier Ramadan de sa première expérience, elle est devenue célèbre dans le quartier. Chose qui l’encouragea à développer le métier. L’année d’après, elle décida d’emmener du douar deux autres filles pour bien servir ses clients. Et l’affaire tourne très bien, dit-elle. Fidèle à son point de vente, ses clients la retrouvent chaque Ramadan. Mais, ce mois, elle décide de louer une boutique donnant sur le boulevard Ali Yata à Hay Mohammadi. «Comme vous voyez, mes clients me cherchent toujours, ils sont venus me chercher ici. Ils cherchent la qualité», affirme-t-elle toujours en souriant. Mais, Rkia ne cache pas sa déception du fait de la précarité de son emploi. «Nous vivons au jour le jour, sans aucune garantie ni aucune assurance», conclut-elle en riant, puis se retourna pour répondre aux demandes de sa forte clientèle et s’occuper de son gagne-pain quotidien.

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