Les pharmacies veulent mieux conseiller

Les pharmacies veulent mieux conseiller

Si vous avez des questions concernant la santé, vous n’aurez plus qu’à faire un petit saut à la pharmacie la plus proche. Ce n’est pour le moment qu’une idée, mais la volonté de la concrétiser est bien là.
Le 4e salon des prestataires et des fournisseurs, «Officine expo 2007» qui s’est déroulé les 16 et 17 février à Casablanca, s’est focalisé sur la nécessité pour les pharmacies de jouer un rôle-clé dans le dépistage et l’observance. «Au-delà de l’acte commercial, l’officine doit développer son apport au citoyen en étant plus à son écoute, lui fournir les explications qu’il cherche et l’accompagner en cas de besoin», estime le commissaire du salon, Younes Belayachi. Logique : si les officines se multiplient au fil des années (9000 actuellement) et deviennent donc plus accessibles aux citoyens, pourquoi ne pas en faire un «espace interactif» ?
Les pharmacies peuvent apporter leur contribution aux campagnes nationales de sensibilisation par rapport à certaines pathologies qui connaissent une nette croissance, dont le diabète, l’hypertension et les cancers.
«On peut consacrer une partie de l’officine à cette mission de communication. Mais, pour y arriver, il faut aussi le soutien du ministère de la Santé et les laboratoires», précise M. Belayachi. Un appel clair pour lequel ce salon pharmaceutique, organisé par «Easy com» et placé sous l’égide du ministère de la Santé, a servi d’occasion propice. A cette fonction éducative, les officines se préparent en comptant sur l’aide d’autres alliés. Car, il s’agit là de développer toute une stratégie de communication à laquelle il faudra avant tout des moyens. «Nous demanderons au ministère de la Santé de fournir aux officines des outils de communication : affiches, brochures, supports éducatifs…», explique le commissaire du salon.
A l’objectif de la prévention s’ajoute le souci de réussir le traitement en veillant de très près au suivi du malade. C’est ce rôle d’«observance» (respect des thérapeutiques) que sont appelés à jouer les pharmaciens et leurs collaborateurs.
Dans 50% des cas, il s’avère que les patients ne se conforment pas à la prescription médicale. Ce qui aggrave leur état de santé et entraîne des rechutes.
En procédant, par exemple, au recensement des effets secondaires, des interactions médicamenteuses ou encore en donnant des conseils au niveau de l’hygiène et de la diététique, le pharmacien peut remédier aux « faux-pas ». Et c’est un constat que soulignent, d’ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Fédération internationale de la pharmacie (FIP).
S’ouvrir sur les citoyens en devenant un de leurs principaux interlocuteurs en matière de santé s’inscrit dans une optique plus large : la mise à niveau des officines. Les professionnels du secteur lient de très près le développement des officines à la formation continue. «Elle est insuffisante par rapport au besoin de la mise à niveau. La formation continue doit, en fait, être obligatoire», indique le commissaire du salon où 2.350 participants en ont fait une recommandation prioritaire de cette quatrième édition.

Médicaments : la consommation en quête de croissance

Si les pharmacies prolifèrent comme des champignons, la courbe de la consommation du médicament, elle, ne suit pas la tendance. Les Marocains ne sont toujours pas de gros consommateurs, malgré une toute petite évolution que constatent les professionnels du secteur. Au salon des prestataires et des fournisseurs de l’officine, des statistiques effectuées par une société privée sur le marché pharmaceutique marocain montrent que les meilleures ventes en unités ne dépassent pas les 8,6 millions. Ce sont les traitements des infections et du système digestif qui occupent le haut de la liste. L’officine reste donc fragile sur le plan économique, mais les professionnels de l’industrie pharmaceutique ne sont pas pour autant pessimistes. Ils espèrent que l’AMO et le Ramed permettront de doper la consommation du médicament. L’avenir nous le dira !

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